McGill défend son MBA à 30 000 $
La rectrice de l’Université McGill persiste et signe : elle a défendu hier devant la commission de la culture et de l’éducation de l’Assemblée nationale son programme de MBA dont les droits de scolarité s’élèvent à plus de 30 000 $. «C’est un programme différent, a insisté la rectrice Heather Munroe-Blum. Ces étudiants sont plus vieux et ils ont tous un travail permanent. Et lorsqu’ils obtiennent leur diplôme, ils peuvent gagner plus de 100 000 $ dans les trois ans [après avoir suivi notre programme]».
«Nous ne demandons pas un cent au gouvernement», a-t-elle ajouté. Mme Munroe-Blum a profité de son passage devant la commission, où elle devait présenter les perspectives de développement de l’Université McGill, pour souligner le sous-financement avec lequel doivent composer les établissements postsecondaires, notamment ceux qui misent sur la recherche. Selon la rectrice, pour aider ces universités à boucler leur budget et pour qu’elles demeurent attra-yantes et compétitives sur la scène internationale, les droits de scolarité doivent être majorés, et le gouvernement doit réinvestir dans l’aide financière.
«Je ne propose pas un système à l’américaine», a précisé la rectrice de McGill. Si Mme Munroe-Blum obtenait plus d’argent de l’État, elle l’investirait dans les recherches entreprises par des étudiants de 2e et 3e cycles, dans le soutien aux étudiants étrangers et dans la réfection des vieux bâtiments de l’université.
Les étudiants en colère
La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a bondi d’indignation en entendant la rectrice Munroe-Blum parler de la nécessité du programme de MBA de l’Université McGill, qui coûtera plus de 30 000 $ à chaque étudiant en droits de scolarité. L’organisation scolaire réclame l’intervention de la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, afin que l’université montréalaise prélève les droits de scolarité comme le prescrit le gouvernement.
«Il faut identifier les besoins des universités et déterminer le financement nécessaire plutôt que de se livrer à un bête exercice de comparaison avec le voisin», a affirmé le président de la FEUQ, Louis-Philippe Savoie. La nouvelle ministre de l’Éducation n’a pas voulu prendre position pour le moment, mais elle étudie la question, a indiqué son attachée de presse, Amélie Légaré.