C'est quoi donc ton p'tit nom?
Pendant tout le week-end, on nous a rappelé combien la canonisation était quelque chose de compliqué chez les catholiques. Ça doit. Même Benoît XVI, le grand boss en personne, a passé son temps à se mélanger avec le nom du frère André pendant la messe, c’est vous dire. Si on n’avait pas demandé à Alfred Bessette de se choisir un autre prénom quand il est entré dans les ordres, tout aurait été cent fois plus simple. Pour le pape comme pour nous.
Ainsi, le frère André aurait quand même été élevé au rang de saint, mais il aurait également pu devenir le seul Alfred de notre propre collection d’icônes. Le club sélect des prénoms-qui-suffisent-amplement-pour-comprendre-tout-de-suite-de-qui-il-s’agit. Une équipe de rêve formée de Céline, Yvon, Janette, Maurice, Guy, Félix, Ginette, Gerry, Clémence, Willie et autres fleurons de notre fierté collective. Du monde qu’on admire parce qu’ils sont uniques, mais aussi parce qu’ils auraient tous pu être nos voisins. Des êtres qu’on a bien voulu plus grands que nature, certes, mais qu’on a quand même pris soin de garder à notre hauteur. Vous savez comment?
Quand on leur a érigé des statues, on s’est organisé pour qu’elles soient boulonnées directement au sol. En plus de pouvoir les regarder comme des miroirs, ça nous permet de les astiquer un peu plus facilement quand on a nous-mêmes envie de «flasher»…
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L’automne du cinéma québécois est extraordinaire. Après Incendies de Denis Villeneuve et Route 132 de Louis Bélanger, ne ratez surtout pas 10 ½ de Daniel Grou (Podz) qui sortira la semaine prochaine. Un film qui vous assènera un coup de masse dans le front par sa vérité. Avec les excellents Claude Legault et le jeune Robert Naylor dans les rôles principaux. Du cinéma utile et pertinent qui, espérons-le, nous permettra de mieux comprendre les jeunes bardassés par la société.
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Quand on calcule le nombre de chantiers sur lesquels on s’active présentement à Montréal, il y a quasiment de quoi plaindre Gérald Tremblay. Celui-là, peu importe le niveau de sympathie qu’on éprouve à son endroit, devrait avoir le droit de poursuivre tous ses prédécesseurs pour vices cachés et entretien négligent du bien collectif. De toute l’histoire de la ville, Tonton Bixi aura hérité du plus sale des mandats.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.