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Le Plan sur l'itinérance bien accueilli, mais…

Si la Ville, qui dévoilait mercredi les 11 axes de son plan pour lutter contre l’itinérance, met le paquet pour régler les problématiques de logement, elle reste très timide face au problème de profilage social, selon certains. D’ici 2013, la Ville soutiendra directement l’achat et la rénovation de 300 chambres dans le cadre de l’objectif de mise sur le marché de 750 logements supplémentaires pour les plus démunis. Une bonne partie des maisons de chambres sont insalubres et victimes de l’appétit des constructeurs de condos.

Un centre de dégrisement sera aussi construit pour offrir la possibilité aux personnes intoxiquées qui ne peuvent suivre les règles des centres d’hébergement d’avoir quand même un toit. Côté répression, «la judiciarisation est inévitable, mais dans un processus graduel et approprié au type d’offense», a déclaré le nouveau chef du SPVM, Marc Parent. Ce dernier veut étoffer l’Équipe mobile de référence et d’intervention en itinérance (EMRII), lancée il y a un an, qui ne compte que quatre personnes (deux policiers et deux intervenants sociaux). À terme, l’équipe pourrait compter 10 membres.

Si le RAPSIM (Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal) applaudit les mesures annoncées hier, il déplore la frilosité de la ville et du SPVM pour contrer le «profilage social», une pratique dénoncée dans un rapport de la Commission des droits de la personne. «C’est possible que le nombre d’amendes ait diminué de 30 % depuis un an, mais la problématique de la judiciarisation est encore présente», indique Pierre Gaudreau, coordonnateur au RAPSIM.

En votant des règlements plus restrictifs d’occupation du domaine public (certains parcs la nuit avec interdiction d’y amener des chiens), les élus ont contribué à la précarisation des itinérants, qui reçoivent parfois amendes, ce qui occasionne endettement et sentiment d’injustice, quand ce n’est pas l’emprisonnement.

Financement
Le maire a réitéré ses appels aux gouverne­ments fédéral et provincial.

  • À Ottawa, Montréal demande 21 M$ par an au lieu des 9 M$ actuels.
  • À Québec, il est notamment demandé d’ajouter 6 M$ de plus aux 18 M$ annuels versés pour financer les organismes d’aide.

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