Pour que la lumière soit faite
Pour être passé au travers de la dernière année tout en gardant un équilibre mental relatif, il fallait vraiment être fait fort. Non mais quelle année de schnoutte! Seul point positif, on sait que ça sera fini dans quelques jours et on devine déjà que 2011 pourra difficilement être pire…
Je voudrais bien faire la cheerleader et vous dire qu’il y a du positif dans tout mais là, j’aurais trop peur d’être la risée du congrès. Pour la société québécoise, 2010 aurait dû être l’année du grand tournant. Celle où l’on aurait pu en profiter pour mettre les vidanges au chemin et faire maison nette. Mais non. Comme disait l’autre, ce qu’on est en train de se dire, c’est peut-être «à la prochaine fois…»
Le seul exercice de fouillage auquel l’État se sera prêté aura été la commission Bastarache qui, au bout du compte, n’aura été qu’un simulacre de clarté. Avec un expert en encre de stylo qui se demandait ce qu’il venait foutre là et d’autres avocats mal préparés et davantage préoccupés par le collage de Post-it que par l’établissement de faits pertinents. Une joke. Par bouts, on se serait crus en pleine république de bananes. On attend le rapport. On gage combien qu’il sera à l’égal des séances? Vide.
Avec tous les supposés grenouillages impliquant le gouvernement provincial et «l’industrie de la corruption» (Jean Charest a lui-même commis le lapsus deux fois…), on aurait au moins pu cultiver l’ombre d’une parcelle d’espoir que l’ultime commission d’enquête soit appelée. Mais non. Pour celle-là, va encore falloir attendre. Parce qu’il faudra bien la tenir un jour ou l’autre.
Peut-être qu’au cours de la prochaine année, on va enfin commencer à fouiller plus loin dans le fond sale de nos soubassements. Peut-être qu’on aura le courage de ne pas lâcher le morceau pour savoir ce qui s’est fait à notre insu. Quitte à remonter loin dans le temps. Quitte à en éclabousser quelques-uns qui figurent peut-être depuis un bout de temps au panthéon de nos grands.
Peut-être que oui, un jour, on finira par savoir. Peut-être qu’un jour, on jugera même qu’on en saura assez. Qui sait?
Souhaitons-nous que 2011 soit faite de lumière. On est même prêts à fournir les lampes de poche si ça peut aider…
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.