Un p'tit cadeau…
Jean Lapointe n’est plus sénateur depuis quelques heures. Au cours des dernières semaines, le sénartiste (celle-là, elle est de son cru…) a confié, tout débiné, qu’il en avait sa claque du Sénat depuis un petit bout de temps. On le comprend tellement. Même chose ici. C’était rendu plutôt difficile de le savoir là…
N’allez surtout pas croire que le sénateur quitte son poste par pur égoïsme. Oh que non. C’est plutôt le glas de ses 75 ans qui a sonné la fin de son quart de travail. Le monsieur a quand même accompli sa tâche avec une émouvante persévérance. Quitte à encaisser un salaire moyen qui a avoisiné les 120 960 $ par année depuis près de 10 ans. Quitte à aller jusqu’au bout et ainsi toucher une pension qui ajoutera une autre bonne somme à l’amas de peine qu’il rapportera dans ses malles. Quitte à ressortir avec un bilan trempé d’amertume…
J’ai souvenir encore de l’entrevue qu’il avait accordée lors de sa nomination en 2001. Quand Stéphan Bureau l’avait questionné sur l’aspect politique de ses nouvelles fonctions, Lapointe avait rétorqué, presque indigné : «Y a rien de politique là-dedans. C’est M. Chrétien qui a voulu me faire un p’tit cadeau…» Ça commençait bien. Ben non, cher M. Lapointe, y’a rien de politique dans la job de sénateur… Pauvre Bureau, il avait dû se remonter la mâchoire à deux mains.
La suite des choses a été fidèle aux débuts. Un parcours pas particulièrement édifiant et surtout, sans aucun impact. Son unique combat, contre les vidéopokers, a fait patate. On se demande donc pourquoi… Quand un homme signe une pétition CONTRE l’exploitation des gaz de schiste pour se déclarer POUR dès le lendemain, comme c’est arrivé récemment, on est en droit de se poser la plus élémentaire des questions.
Jusqu’au dernier moment, Jean Lapointe nous aura démontré que de sa fonction de sénateur, il n’avait pas tout compris. La seule chose qui soit maintenant claire, c’est qu’on n’avait peut-être pas d’affaire à l’inviter à siéger là. Comme il n’avait pas d’affaire à accepter non plus. Mais vous savez comment c’est : un cadeau, ça ne se refuse pas.
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Dimanche, j’ai vu Guy Lafleur jouer un dernier match au Centre Bell. Émouvant, vous dites… On le remercie pour tout. Il est où, le prochain qui nous fera vibrer comme ça?
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.