Le vérificateur général monte au front
Le vérificateur général de Montréal, Jacques Bergeron, tient à garder la responsabilité de la ligne éthique. Cette dernière permet aux élus, aux employés et aux fournisseurs de dénoncer anonymement tout acte lié aux activités de la Ville qu’ils jugent répréhensible. Depuis la mise en place de la ligne il y a un an, le vérificateur et son équipe ont reçu 128 signalements.
Mais depuis que le directeur général de Montréal a «coulé» l’enquête du vérificateur général à TELUS, avant sa publication officielle, le torchon brûle. Dernier épisode en date, l’administration Tremblay a décidé de transférer la gestion de la ligne éthique au Service du contrôleur général, dirigé par Pierre Reid. «Or, le contrôleur général ne jouit pas de pareille indépendance, étant donné, entre autres, qu’il est subordonné à l’autorité du directeur général», explique le vérificateur général Jacques Bergeron dans une lettre envoyée hier aux élus. «Le contrôleur général ne se trouverait-il pas en situation de conflit d’intérêts dans le cas de signalements de la ligne éthique pouvant mettre en cause la gestion de la direction générale?» poursuit-il en demandant aux élus ne pas entériner la décision de lui retirer la ligne éthique.
M. Bergeron rappelle que des villes comme Toronto, Ottawa, Calgary, Edmonton et Hamilton ont toutes une ligne éthique qui relève de son vis-à-vis. Pour justifier sa décision, le maire Tremblay indique notamment vouloir éviter les dédoublements et aussi réaliser des économies de 1,6 M$ sur cinq ans. Le maire souligne également que le contrôleur ne dépend pas du directeur général, mais plutôt du comité de vérification, qui dépend lui-même du conseil municipal et du conseil d’agglomération.
Toutefois, le parti d’opposition Projet Montréal dénonce l’initiative de la Ville, estimant que «l’indépendance de la ligne éthique est compromise».