Le VIH et l'hépatite C gagnent du terrain
Les infections par le VIH et à l’hépatite C se répandent à un rythme inquiétant aux yeux de la direction de la santé publique de Montréal. De 2002 à 2009, 1 855 nouveaux cas d’infection par le VIH ont été diagnostiqués à Montréal, indique le rapport de la direction de la santé publique de Montréal (DSP) sur les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) rendu public jeudi. Chaque année, environ un millier de Montréalais obtiennent un résultat positif à un test de dépistage de l’hépatite C.
«C’est un contexte alarmant. Toutes les ITSS sont en progression depuis la fin des années 1990», a affirmé hier le directeur de la santé publique de Montréal, le Dr Richard Lessard. Les clientèles les plus touchées par le VIH et l’hépatite C sont les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes et les personnes consommatrices de drogues par injection. Pour réduire la propagation du VIH et de l’hépatite C, la DSP a mobilisé depuis le mois de janvier ses partenaires tant du milieu communautaire que de la santé. Elle veut, entre autres, distribuer davantage de matériel de protection.
Par exemple, chaque année à Montréal, il y a près d’un million de seringues qui sont données à des toxicomanes, alors que ceux-ci pratiquent annuellement environ 15 millions d’injections de drogue. «Cela laisse penser qu’il faudrait mettre en circulation jusqu’à 15 millions de seringues pour diminuer la transmission de la maladie», a dit le Dr Lessard. Les autorités de la santé publique de Montréal comptent aussi effectuer davantage de tests de dépistage d’ITSS afin de diagnostiquer les personnes qui ignorent qu’elles sont infectées. Par conséquent, plus de traitements seraient administrés, selon la DSP.
À ce jour, à peine 10 % des toxicomanes atteints de l’hépatite C sont pris en charge. Si la DSP veut atteindre ses objectifs, elle devra surmonter les obstacles qui empêchent les personnes vulnérables de consulter un médecin. «Elles sont très démunies, a expliqué le Dr Pierre Côté, qui travaille à l’unité VIH-Toxicomanie de l’Hôpital Saint-Luc. Pour elles, la volonté de se soigner est en concurrence avec le besoin de se nourrir ou d’avoir de la drogue.» La DSP veut aussi modifier les services offerts aux personnes vulnérables afin de les adapter à leurs besoins.
Un site d’injection supervisé à l’étude
La direction de la santé publique de Montréal étudiera dès janvier la possibilité d’implanter un site d’injection supervisé (SIS) dans la métropole pour les UDI. «C’est certainement une stratégie qui pourrait être utilisée – avec d’autres – pour diminuer l’échange de seringues», a dit jeudi le directeur de la santé publique, le Dr Richard Lessard. Selon lui, un SIS permettrait de réduire les risques de transmission des ITSS et de diminuer les morts par surdose de drogue. «Les personnes qui fréquentent ces centres trouvent davantage acceptables les interventions et les traitements [des services de santé]», a ajouté le Dr Lessard.