Le Biodôme reprend vie
Victime collatérale du conflit qui a opposé, plus tôt cette année, les cols bleus et la Ville de Montréal, le Biodôme a fait contre mauvaise fortune bon cÅ“ur. Fermé depuis le mois de juin, le musée a profité des 200 derniers jours pour se refaire une beauté. Les travaux enfin terminés, c’est samedi que le public pourra à nouveau parcourir les cinq écosystèmes que propose, depuis 18 ans déjà, le Biodôme.
Les habitués de l’institution découvriront une quarantaine de nouvelles bornes interactives installées tout au long du parcours, des zones de transition améliorées et un nouveau guide illustré. «Les outils d’interprétation devaient être changés, a expliqué la responsable des programmes éducatifs du Biodôme, Claire Lépine. Le contenu était encore exact, mais les outils en muséologie ont beaucoup évolué au cours des 18 dernières années.»
Les anciens panneaux sur lesquels étaient imprimées de grandes quantités d’information ont ainsi cédé le pas à des bornes à écrans tactiles sur lesquelles les renseignements et les conseils côtoient des photographies en lien avec l’écosystème visité. «Avant, il y avait beaucoup de texte sur chacun des panneaux et on s’est rendu compte que les gens ne les lisaient pas du tout, a indiqué Mme Lépine. En mettant moins de texte, on espère favoriser la lecture. On ne veut pas inonder les visiteurs d’information. Ce n’est pas un site web qu’on propose.»
Les plus jeunes ont aussi droit à leur nouveauté. Quatre activités sur le thème des bébés animaux ont été conçues pour les quatre à sept ans, qui pourront notamment s’amuser à grimper sur le dos d’une grenouille, comme le feraient les têtards, ou à se coucher dans des coquilles d’Å“ufs, comme ceux dans lesquels naissent les manchots. «Ça permettra de prendre de superbes photos», a promis Claire Lépine. L’entrée pour les 17 ans et moins sera gratuite, ce weekend. Le guide illustré, dont le prix a été fixé à 2 $, sera également offert gratuitement samedi et dimanche.
Les défis à venir
À l’aube de sa réouverture, le Biodôme a des airs de fêtes. Mais les défis à venir demeurent importants. «Ce ne sont pas les idées qui manquent, assure Chantal Routhier, responsable des collections des animaux terrestres. Ce qui est difficile, c’est d’obtenir l’argent pour réaliser les projets.» Après les travaux de 1,2 M$, d’autres sommes importantes seront requises pour mener à bien les projets du muséum, notamment la construction d’un sixième écosystème. Les installations du Biodôme constituent aussi un défi. Les habitats des animaux ont été très peu retouchés au cours des 18 dernières années.
«Nous devons travailler avec les infrastructures à notre disposition, rappelle Mme Routhier. Par exemple, l’habitat du lynx, en pente, n’est pas idéal si nous voulons que les visiteurs les voient bien. Mais nous ne pouvons pas le reconstruire parce qu’en dessous, se trouvent les anciennes estrades du vélodrome.» L’espace disponible limite également les acquisitions d’animaux puisque toutes les espèces ne peuvent pas cohabiter. Des projets sont toutefois sur la table afin de revoir l’organisation de certains écosystèmes.
Petits nouveaux
Les habitats des animaux n’ont pas été retouchés au cours des derniers mois, mais trois petits nouveaux y ont fait leur nid.
- Deux bébés manchots, un gorfou sauteur et un gorfou doré, ont vu le jour il y a trois semaines. Ils peuvent déjà être observés dans la section consacrée aux régions subpolaires des Amériques.
- Dans la forêt tropicale humide, un petit singe callimico a vu le jour au mois d’août. Tout juste intégré dans son nouvel habitat, le petit singe semblait déjà à son aise, mercredi.
Voici une vidéo sur les manchots du Biodôme et leur progéniture: