Propre comme un sou neuf…
Imaginez la scène un instant : un ti-cul sonne à votre porte. «Bonjour, je vends du tofu pour financer notre sortie au zoo de Granby. Trois piasses le paquet ou quatre paquets pour dix piasses. Voulez-vous m’encourager?»
Fini le temps où l’on pouvait acheter des cochonneries – et aussitôt masquer sa culpabilité – en appuyant une noble cause. «Out» le chocolat aux pinottes et les Glosettes aux raisins. «In» les cafés équitables, les sacs à ordures biodégradables et autres bébelles qui donnent bonne conscience. Désormais, on ne vous offrira que des produits «propres» et «santé» pour faire des collectes de fonds. On vit quand même dans un monde extraordinaire. Au moment où vous auriez pu avoir la tentation de faire une connerie, il y a maintenant une main invisible qui vous empêchera de commettre l’irréparable. Ouf…
Sans vouloir jouer les pisse-vinaigre, c’est en m’appuyant sur ces beaux principes de correction que je vais aujourd’hui poser une question un peu plate. Qu’est-ce qui est le plus immoral? Envoyer des enfants faire du porte-à-porte pour vendre des barres de chocolat au lait «cheap» ou envoyer les mêmes enfants sur le chemin pour quêter de l’argent en échange d’un produit équitable? En d’autres termes, offrir du café «propre» peut bien représenter un geste hautement éthique, mais en confier la vente à un tout jeune ne demeure-t-il pas quand même un peu grossier? J’demande ça de même…
Ça me fait penser à ces enfants qui nous brassent leurs chaudières sous le nez pour ramasser du cash aux abords du Centre Bell chaque soir. Tout cela, bien entendu, sous le regard attentif et bienveillant de leurs parents. Des parents qui semblent «bienveiller» davantage sur le contenu des canisses que sur le bien-être de leur progéniture, qui devrait déjà être sur le point d’aller au lit à cette heure-là. Mais ça, puisque ces enfants ne sont pas les nôtres, j’imagine qu’on n’a pas un mot à dire là-dessus…
Peut-être qu’un jour, pour être plus correct, on devrait demander à ces enfants de quêter avec des bols en terre cuite plutôt que des chaudières en plastique qui prennent 10 000 ans à se décomposer dans la nature.
On vit dans une société qui repose sur des principes solides, ne l’oublions jamais…
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Le Canadien joue sa saison ce soir. Allez, tous ensemble, on se croise les doigts. Et les jambes et les yeux, et même les amygdales tant qu’à y être. Faut c’qu’y faut, comme ils disent…
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.