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Terrains publics très convoités

Près de 20 % des locataires du Plateau-Mont-Royal dépensaient, en 2006, plus de 50 % de leurs revenus pour se loger, selon Statistique Canada. Devant cet inquiétant constat, des jeunes familles, des mères monoparentales, des artis­tes et des personnes seules du Plateau ont formé hier la Coalition des requérants d’institutions et de logement social.

Leur première bataille consistera à convaincre la Ville de leur céder six terrains municipaux afin que soient construits quelque 600 unités de logement social. La Coalition revendique les terrains des voiries municipales Marie-Anne et Saint-Grégoire, l’immeuble public que loue l’École des premières lettres, le terrain sur lequel est cons­truit un garage de la Société de transport de Montréal (STM), le stationnement situé à l’angle des rues Drolet et Villeneuve et le terrain du 5655, avenue de Gaspé. Le regroupement souhaite obtenir les terrains à 75 % de leur valeur marchan­­de, comme le prévoit une politique adoptée par la Ville.

Certains des terrains con­voités sont, pour le moment, occupés. Divers projets proposés par le passé laissent cependant entrevoir des changements de vocation à court ou moyen terme. D’autres, comme la cour de voi­rie Saint-Grégoire, sont vacants, mais présentent des contraintes. Pour les locataires qui espèrent obtenir un logement social, l’attente pourrait être encore longue. «C’est une bataille à long terme, a indiqué le porte-parole de la Coalition, Simon Dumais. On est des gens patients, mais on pense que le ton doit monter. La Ville se targue de vouloir faire du logement social, mais est-ce que la volonté politique y est vraiment?»

Le responsable de l’habitation à la Ville de Montréal, Michael Applebaum, a assuré les membres de la Coalition de son appui. «Nous partageons les mê­mes objectifs, a-t-il affirmé lundi soir, au conseil municipal. Il y a déjà eu des rencontres pour regarder toutes les possibilités qui existent dans le Plateau pour cons­truire du logement so­cial. Mais ce n’est pas facile, parce qu’en plus de trouver des terrains, il faut qu’ils respectent le programme du gouvernement provincial.»

Le gouvernement prévoit un montant de 12 000 $ par unité de logement social construit. Le prix des terrains sur le Plateau-Mont-Royal fait toutefois souvent grimper la facture à plus de 40 000 $ par unité, a rappelé M. Applebaum. «Nous avons demandé à Québec d’adapter son programme aux secteurs où le prix des terrains est très élevé», a-t-il précisé. Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a répliqué que le coût des terrains dans le Plateau justifie que la Ville privilégie ses propres terrains pour la construction de logements sociaux.

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