Cachez-moi ce Ronald…
L’être humain est-il épais? Bah, c’est clair que parfois, il peut être décevant, mais foncièrement niaiseux, on ose croire que non. Alors, pourquoi met-on toujours autant d’acharnement à le prendre pour un tata à neurone unique en lui balançant n’importe quel discours à la con?
La dernière en lice, c’est l’association américaine de je ne sais quoi qui réclame que le clown Ronald McDonald prenne sa retraite parce qu’il serait en partie responsable du taux exponentiel de diabète et d’obésité chez les enfants nord-américains. Sans blague. On a acheté de pleines pages de pub dans plusieurs grands quotidiens américains la semaine dernière pour exiger son départ à la pension. «Enwèye mon clown, retourne dans le pays des bouffons, t’as fait assez de mal comme ça», que ça disait en gros. Quand on dit prendre un problème de front… Moi, si j’étais le roi des pubs de Burger King, je commencerais à surveiller sérieusement mes arrières…!
Plutôt que de véhiculer le seul message valable, soit mange moins, mange mieux, lâche l’ordinateur et va jouer dehors à chaque jour beau temps mauvais temps parce que sinon, tu vas mener une vie de misère, on préfère dépenser énergie et argent à taper sur un symbole qui frôle la caricature.
On a le don de faire semblant d’intervenir sérieusement tout en s’abandonnant avant tout à la futilité. C’est ainsi qu’on a choisi de s’adresser à l’humain moyen. Dans ce cas-ci, la situation est grave, et il en va de la santé physique et mentale des générations à venir. Mais plutôt que de procéder à un vrai virage en exposant les vraies affaires, on préfère pointer un vieux clown à crinière rouge. Après ça, on se demandera pourquoi le monde ne prend jamais ces campagnes de peur au sérieux…
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Diamonds & Plastic. C’est le titre du nouvel album du Montréalais Ian Kelly qui sort aujourd’hui même. Commençons donc à répandre la bonne nouvelle immédiatement : c’est franchement bon. Mais alors là, très très très bon.
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Parlant de musique d’ici, on parle beaucoup des quotas de chansons francophones à la radio. Ces mesures sont nécessaires à la sauvegarde de notre culture, on le reconnaît sans réserve. Sauf qu’en attendant, on fait quoi avec la promotion adéquate de nos Katie Moore, Nathalie Khoriaty et autres Miracle Fortress (Graham Van Pelt)?
Ces artistes d’ici au talent exceptionnel sont balancés bien malgré eux dans une compétition inégale avec les gros canons de la musique mondiale parce qu’ils s’expriment en anglais? En reléguant leur travail la marge, on est en train d’échapper bêtement un chapitre exceptionnel de l’histoire de la musique québécoise…
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.