Coordination parentale au Centre jeunesse: un projet sur la bonne voie
À l’automne 2012, le Centre jeunesse de Montréal-Institut universitaire (CJM-IU) lançait un projet-pilote de coordination parentale pour aider les parents séparés qui se disputent constamment à propos de leur enfant. Près d’un an plus tard, les premiers échos de ce projet sont positifs.
«Il y a eu des progrès dans certaines familles. Il y a même une famille qui a terminé le processus», a confié la chef du Service d’expertise psychosociale et du Service de médiation à la famille, Martine Bouchard. Cette dernière demeure toutefois prudente puisque les résultats finaux seront connus en 2015 et que tout peut changer d’ici là.
«Ce sont des parents de familles qui partent de loin», a mentionné Mme Bouchard. Une chercheuse de l’Université de Montréal, la Dre Francine Cyr, doit en plus se pencher sur cette initiative du CJM-IU.
Huit familles participent au projet-pilote. Chacune a droit à 40 heures avec un coordonnateur parental sur une période de 18 mois. «[Ce dernier] les aide à mieux communiquer et à réaliser que c’est dans pour l’intérêt de l’enfant de le faire, a expliqué Martine Bouchard. Il va aussi les faire cheminer sur leur lien de coparentalité et il leur apprend comment faire l’échange de l’enfant sans que ça éclate.»
La coordination parentale est en quelque sorte la dernière porte de sortie pour les familles dont les parents sont incapable de se parler sans s’engueuler et qui ne respectent pas les jugements de la cour les concernant. C’est un juge qui décide si une famille a droit ou non à la coordination familiale.
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Ce genre d’intervention est beaucoup plus répandue aux États-Unis. Au Québec, seuls des coachs privés offrent ce service.
Si le projet-pilote donne des résultats concluants, la coordination parentale pourraient compléter les services offerts au Québec aux parents qui se séparent, croit Martine Bouchard, qui est convaincue de sa nécessité.
Le CJM-IU propose déjà plusieurs services aux parents qui décident de vivre séparément. Ces derniers peuvent être aidés par un médiateur pour s’entendre notamment sur les heures de garde des enfants et le montant de la pension alimentaire. Ils peuvent aussi suivre un atelier sur la communication parentale. Les enfants des parents séparés peuvent également prendre part à un groupe de discussion pour qu’ils expriment leurs émotions et pour qu’ils côtoient des enfants qui vivent la même chose qu’eux.