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Drame à coups de pédales

«Je d’mande pourtant pas grand-chose au bon Dieu! Je d’mande juste rien! Y a pas moyen qu’y’arrive rien dans’ vie, coudon?» (Les Voisins, Claude Meunier / Louis Saia, 1980)

Comme vous, pendant deux ans, j’ai cru que le BIXI était un succès tranquille sur toute la ligne. Deux ans à penser que l’affaire faisait ses frais ou à peu près. Puis là, qu’est-ce qu’on apprend? Qu’il y a un trou de 37 M$ dans le fromage! On a même laissé entendre que ce chiffre pourrait atteindre le triple si on poussait le calcul un peu plus loin. 

Et comme si ça ne suffisait pas, on a appris au même moment que le simple vélo «tu-seul-tout-nu» coûtait
3 500 $/pièce! À ce prix-là, aussi bien dire qu’on a intérêt à faire attention à nos bebelles pour les garder longtemps… Sauf qu’il faudra faire sans le concours de nos gens de principes par exemple.

Cette année, on avait ajouté au BIXI des cache-roues qui servaient d’espaces publicitaires. Sachant ce qu’on sait maintenant sur la santé financière de l’opération, convenons que la vente de ces espaces n’a rien de superflu. Sauf qu’il n’en fallait pas plus pour exciter les tenants de la pureté ambiante. «Non à la marchandisation de l’espace public», qu’il y a d’écrit en helvetica bold sur les gros stickers qu’ils collent depuis quelque temps sur notre patrimoine à pédales pour cacher tant de laideur et de mercantilisme. Et, pour être bien sûr que le message soit clair et sans équivoque, on a ajouté en bas, dans le coin droit, «BIXI libre». Eille, on rit pu, c’est sérieux…

Allons-y donc avec la question qui tue : qu’est-ce que ça peut bien faire si l’on vend de l’espace publicitaire sur un service public? À part d’éviter de creuser davantage un déficit gros comme celui qui a été révélé au grand jour, ça change quoi à l’ordre mondial de se servir d’un garde-boue pour faire entrer de l’argent dans la caisse autrement qu’en fouillant davantage dans la poche du contribuable? 

Y a-t-il un sympathisant du «BIXI libre» qui pourrait répondre à ça? Et, tant qu’à y être, pourrait-il aussi s’engager à combler le déficit à lui seul?

Moi, être le roi du BIXI, je peux vous garantir que j’essaierais même d’aller chercher une commandite pour l’air des pneus. Sauf que moi, mes proches me le reprochent souvent, des principes, je n’en ai pas. Pas que je n’aimerais pas en avoir, au contraire. C’est juste que je n’en ai pas toujours les moyens…

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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