Dites la vérité, toute la vérité…
La semaine dernière, je soulignais à quel point j’avais été surpris de voir autant de places libres dans le stade Percival-Molson pour le retour des Alouettes. C’était étonnant parce que c’était soir de rentrée et aussi parce que depuis des années, on affiche complet match après match. Peu importe la température, peu importe l’enjeu de la partie, peu importe la qualité de l’adversaire…
Un confrère du journal La Presse ajoutait dès le lendemain que, selon des sources à l’interne, on avait menti pendant longtemps à propos des supposées salles combles aux matchs de football. Suis-je tombé en bas de ma chaise en lisant ça? Oh que non. Pas plus tard que l’an passé, un ami à moi a acheté des billets de saison… au troisième match de l’année, ce qui ne fait pas très sold-out, nous en conviendrons.
D’ailleurs, les Alouettes ne sont pas les seuls à pratiquer le jovialisme commercial ou, si vous préférez, la bullshit institutionnelle. Combien de fois avez-vous vu des spectacles annoncés «en supplémentaire» et «de retour à la demande générale», alors qu’en toute vérité, il n’y a pas encore le quart de la moitié des places de vendues? Combien de fois a-t-on remis des disques d’or à des artistes en se basant non pas sur les chiffres de vente, mais sur les exemplaires «placés» en magasin? Des techniques de vendeurs de brosses, c’est clair, mais c’est sur ce régime que fonctionne à peu près toute la business du divertissement. Sur le paraître bien plus que sur l’être…
L’idée derrière tout ça : faute d’être big, on doit faire big. C’est comme ça que ça marche, et on n’en demande pas plus. On le fait pour attirer des commanditaires ou pour étoffer un dossier quand vient le temps de réclamer un appui financier de la part de l’État. On le fait même bêtement pour susciter l’admiration de la communauté. Même si personne, dans le fond, n’est dupe de rien… Bizarre, n’est-ce pas?
Dans tout ça, la plus grande expertise qu’on a développée, c’est dans la dorure de pilule. Même qu’on en est à mettre plus de dorure sur la pilule que de pilule sous la dorure. Vive la frime!
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Finalement, je suis passé au nouveau resto-bistro du parc Lafontaine. Verdict : c’est pas mal du tout. La bouffe, s’entend. Les prix? Un peu élevés, sauf qu’on a maintenant accès à bien mieux que des Mae-West suintants crachés par des distributrices. Et le service? Tout aussi erratique que sympathique. Mais alors là, franchement sympathique. Donc, dans le très tout croche… mais avec un sourire dans la face, ce qui génère toujours une bonne dose d’indulgence. On y retournera? Bien sûr. Depuis le temps qu’on attend…
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.