Ces petites choses…
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Fêtes nationales de cette année ne passeront pas à l’histoire. Pourquoi? Essayer de répondre à ça, c’est comme penser résoudre le secret de la Caramilk. Tout le monde a son idée là-dessus, mais personne n’est capable de l’expliquer clairement.
Est-ce à cause de la flotte qui est tombée autant à Québec qu’à Montréal? Est-ce à cause des restrictions imposées par l’administration Labeaume pour freiner les élans d’enthousiasme (et de débilité…) des soûlons qui mettent le cap sur la capitale nationale chaque année? Est-ce plus ceci que cela? Ou vice-versa…
Y’a plein de petits détails qui me passent par la tête. Des grands spectacles fort corrects – avec une belle brochette d’artistes d’ici –, mais qu’on a l’impression d’avoir déjà vus au moins cent fois. Une société d’État insensible et/ou pas très allumée, Radio-Canada pour ne pas la nommer, qui nous passe Hairspray, un film américain, tout juste avant la diffusion en direct du spectacle du parc Maisonneuve le 24 juin au soir. Allô les programmateurs? Vous savez, il s’est tourné de très bons films ici depuis 50 ans. Parlant du spectacle du parc Maisonneuve, vous avez vu les rares politiciens qui y ont assisté? La chef du PQ qui n’en finit plus d’encaisser des taloches ces temps-ci, l’ex-chef du Bloc québécois battu à plate couture aux dernières fédérales et la leader du parti Vision Montréal qui n’a pas su décrocher la mairie au dernier scrutin municipal. Du bien bon monde, on n’en doute pas une seconde, mais quand même pas l’incarnation d’une très grande vigueur, si je peux me permettre… Et, autour de ces têtes grises, l’absence totale de sang neuf pour prendre la relève. Évocateur. Et un peu décourageant.
Y’avait comme un manque de vigueur dans tout ça. Ça doit être ça, la réponse, finalement. Un manque de vigueur généralisé. Je pense qu’on est dû pour des vacances…
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Le gros buffet du Festival de Jazz est ouvert. Parmi le meilleur de ce que l’on a vu jusqu’à maintenant : Prince (hallucinant), Robert Plant (magique), Angélique Kidjo (inspirante) et Florence K (accomplie). À l’autre extrémité du spectre du bonheur, il y a le spectacle du guitariste Marc Ribot de samedi soir. Cacophonique jusqu’à l’insupportable. Mais, puisqu’il est ici question d’art, je me dis que le problème, ça doit être moi…
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Vu sur Mont-Royal au coin de Papineau : un grand gothique au teint pâle avec un long manteau de cuir noir qui se promenait avec un escabeau sur l’épaule et un gallon de peinture au bout du bras. Eh oui, même les vampires déménagent. On imagine la belle cuisine repeinte en noir…
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.