Montréal
21:49 11 août 2013 | mise à jour le: 11 août 2013 à 21:49

Rassemblement en soutien aux immigrants détenus

Rassemblement en soutien aux immigrants détenus
Photo: Yves Provencher/Métro

«Solidarité avec les sans-papier!», ont scandé dimanche plus de 100 personnes, réunies à Laval devant un centre où des migrants sont détenus lorsque les autorités jugent qu’ils représentent un danger.

«C’est injuste que des milliers d’individus soient traités comme des criminels alors qu’ils n’ont commis aucun crime», lance Stella Jetté, membre de l’association Solidarité sans frontière, qui a pris part au rassemblement. Elle déplore la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, qui entraîne la détention de toute personne arrivant au pays de «façon irrégulière».

L’Agence des services frontaliers a précisé à Métro les trois motifs qui entraînent une détention : lorsque le réfugié n’a pas les papiers nécessaires à l’identification, lorsqu’il représente «une menace» pour la sécurité, ou encore lorsqu’il risque de devenir clandestin.

Selon Mme Jetté, les gens qui fuient un pays pour des motifs politiques n’ont pas toujours la possibilité de préparer leur arrivée, ou doivent encore utiliser de faux-papiers pour s’évader. «Ils ne méritent pas d’être enfermés durant des semaines, voire des mois», soutient-elle.

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C’est au gouvernement d’instaurer un processus de régularisation des arrivants, qui permettrait d’utiliser des solutions de rechange à la détention, estime Farha Najah Hussein, du Centre des femmes Sud-Asiatiques.

Si le Canada se décrit comme une démocratie, le respect des droits de la personne devrait primer, ajoute William Sloan, qui a été avocat en droit des réfugiés durant 30 ans. Il explique que les avocats de l’aide juridique, responsables de représenter les détenus, sont «sous-payés» et se retrouvent seuls à devoir monter le dossier pour justifier la demande d’asile de leur client.

Conditions de détention
Voici quelques données sur la détention récoltées par la chercheuse Janet Cleveland, de l’Université McGill, qui mène une étude sur l’expérience des demandeurs d’asile au Canada.

  • Hommes. Environ 10% des demandeurs d’asiles sont détenus à l’arrivée et de ce nombre, 75% sont des hommes.
  • Menottés. Les détenus sont menottés lors du transport vers les centres de détention.
  • Durée indéterminée. Les détenus restent au centre en moyenne de 3 à 6 semaines.