L'insectarium se refait une beauté
Après huit mois de travaux qui auront permis le renouvellement complet de son exposition permanente, une première en 20 ans d’existence, l’Insectarium de Montréal est fin prêt à recevoir ses premiers visiteurs, à qui il promet d’en mettre plein la vue.
Dès samedi, les amoureux de la nature, les curieux et les inconditionnels de l’Insectarium pourront découvrir un espace entièrement réaménagé qui les plongera dans l’univers des insectes. De facture plutôt classique, l’exposition Nous, les insectes… présente quelque 3 000 spécimens naturalisés et plus de 50 espèces vivantes. «Nous avons fait le choix de ne pas aller vers la technologie pour cette exposition, a indiqué la directrice de l’Insectarium, Anne Charpentier. Nous voulions privilégier les collections que nous avions. En plus, le budget [de 1,2 M$] ne nous le permettait pas.»
La collection entière du musée a été renouvelée, ce qui permettra aux visiteurs de redécouvrir la richesse des spécimens mis en valeur. «La collection qui était là depuis 20 ans était très décolorée en raison de la lumière naturelle qui baignait l’espace et des ampoules incandescentes qui l’éclairait, a expliqué Mme Charpentier. Il a fallu tout remplacer.»
Au-delà de la beauté de certaines espèces, qui ressemblent presque à des bijoux, Nous, les insectes… cherche à rappeler leur importance dans nos vies. L’exposition présente ainsi des insectes aux vertus insoupçonnées qui contribuent au maintien de l’équilibre de la nature, dont les insectes bousiers, qui se nourrissent d’excréments, et des insectes nécrophores, qui se nourrissent de cadavres d’animaux. «Sans les insectes, on serait dans la dèche, a souligné Anne Charpentier. Le nombre d’années que l’humain pourrait vivre si tous les insectes disparaissaient de la planète se comptent sur les doigts d’une main. Les gens ne soupçonnent pas leur importance dans nos vies.»
L’Insectarium espère d’ailleurs être en mesure d’offrir aux insectes une plus grande place dès 2015. Le musée projette de tripler sa superficie de façon à intégrer une grande serre où les insectes seraient présentés dans des portions des écosystèmes où ils vivent habituellement. Une salle dite technologique serait également créée. À l’aide de logiciels, d’écrans et de simulateur, elle permettrait aux gens de se mettre dans la peau des insectes. Ce vaste projet, évalué à 17 M$, permettrait à l’Insectarium de doubler, voire tripler son achalandage, qui se chiffre présentement à 350 000 visiteurs par année.
Ce que vous pourrez y voir
L’exposition Nous, les insectes permet aux visiteurs de contempler :
- L’Uraniidae, souvent cité comme le plus beau papillon du monde
- Les ornithoptères, les plus beaux et les plus grands papillons du monde
- Le plus beau et l’un des plus rares coléoptères Lucanidé du monde, qui ne vit qu’en Australie
- Le Silphidé, un des plus grands coléoptères de l’Amérique du Nord, disparu du Québec, du Canada et de la plupart des États américains
- Un petit phasme noir avec des ailes rouges qui ne vit qu’au Pérou et qui vient d’être découvert
- 861 coléoptères plus colorés les uns que les autres réunis dans une seule vitrine