Soutenez

«Seulement 2,5 % du territoire est protégé»

Montréal et ses couronnes nord et sud gagneraient à créer une ceinture verte et bleue, comme l’ont fait par exemple Toronto et Londres. Plusieurs défenseurs de cette idée se feront entendre à l’automne. Entrevue avec l’un d’eux, Patrick Asch, fondateur d’Héritage laurentien.

En quoi consiste cette ceinture?
Il s’agit de regrouper et de protéger des milieux forestiers, agricoles et aquatiques afin de créer une trame qui ferait le tour de la communauté métropolitaine de Montréal (CMM), tout en comprenant des corridors verts qui, à la manière d’une toile d’araignée, parsème­raient la ville.

Une ceinture de ce genre a un intérêt sur le plan de la biodiversité, mais aussi sur le plan éco­nomique, parce qu’elle crée un vaste réseau récréotouristique. On pourrait alors, par exemple, partir en vélo du centre-ville, prendre l’estacade du pont Champlain vers la Rive-Sud, y camper, faire du canoë et observer les oiseaux tout en dégus­tant des produits du terroir.

Quels sont les défis à relever?

Actuellement, seulement 2,5 % du territoire terrestre de la CMM est protégé. C’est bien loin du standard de 17 % à atteindre d’ici 2020, et qui a été adopté par la communauté internatio­na­le dans le cadre du protoco­le de Nagoya en 2010. On est aussi loin du taux de 12 % proposé dans le cadre du protocole précédent.

À l’automne, des consultations sont prévues dans la métropole en vue de l’adoption d’un Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD). On espère que ce plan, qui touche des sujets aussi divers que l’urbanis­me et les transports, adoptera l’idée de ceinture verte et bleue.

Cela imposerait alors aux 82 municipalités de la CMM l’obligation d’appli­quer le concept dans leurs plans d’urbanisme respectifs. Mais on a besoin que des résidants s’inscri­vent avant le 2 septembre aux consultations publiques pour appuyer le projet.

Quelles sont les villes à imiter?

Londres, la plus ancienne à avoir réagi, dispose d’une ceinture verte de 5 133 km2. Elle a été développée en 1935. Aujourd’hui, l’Angleterre dispose de 14 ceintu­res vertes, représentant 12 % de son territoire et permettant d’éviter le phénomène de l’étalement urbain.

Toronto dispose aussi de sa ceinture verte. Les deux villes, grâce à une législation ferme, ont su éviter la perte de territoires, ce qui n’est pas le cas en région parisienne, qui perd 2 000 hectares par an. 

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.