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Démission à Laval: agression mise en doute

Photo: Facebook

LAVAL, Qc – Nouveau rebondissement à Laval: le directeur de la campagne d’Option Laval, Reny Gagnon, a remis sa démission, vendredi, le temps qu’une enquête soit menée sur l’agression dont il affirme avoir été victime, lundi soir.

M. Gagnon disait avoir été passé à tabac sur l’autoroute 40, dans les heures qui ont suivi la diffusion d’extraits d’une proposition faite à la candidate à la mairie de Laval, Claire Le Bel, par l’ancien maire Gilles Vaillancourt, qui fait face à des accusations de fraude, corruption, complot et gangstérisme.

Mardi, la candidate et chef d’Option Laval a confirmé en conférence de presse avoir été contactée par M. Vaillancourt. Son directeur de campagne était avec elle au moment de l’enregistrement de l’offre de l’ancien maire. Disant craindre pour sa sécurité, Mme Le Bel tenait à dénoncer l’aide proposée par son ancien patron et a qualifié «d’étonnante coïncidence» l’agression de M. Gagnon.

Quelques jours plus tard, la certitude semble avoir pâli quant à la possibilité que les gestes posés contre M. Gagnon soient reliés à l’épisode impliquant M. Vaillancourt.

Dans un communiqué, Option Laval a précisé que M. Gagnon se désiste temporairement de ses fonctions, le temps de faire la lumière sur «l’agression dont il allègue avoir été victime».

Le parti précise que cette décision a été prise à la suite d’une «hypothèse avancée par des médias» voulant que la séquence des événements «serait mise en doute».

«Cela a mis le doute chez les citoyens. On est en pleine campagne électorale. On ne peut pas faire une campagne avec le doute qui plane tout le temps au-dessus», a indiqué Mme Le Bel.

La chef d’Option Laval a toutefois réaffirmé sa confiance envers M. Gagnon.

«J’ai parlé aux enquêteurs et ce qu’ils m’ont dit c’est qu’il n’y avait pas d’indice qui nous permet de croire que la plainte ‘virerait’ de bord tout d’un coup», a-t-elle mentionné.

De son côté, la Sûreté du Québec a refusé de commenter «une affaire en cours», mais a rappelé que l’enquête se poursuivait au sujet de l’incident survenu sur l’autoroute 40.

La candidate à la mairie de Laval a par ailleurs tenu à préciser que celui qui est maintenant son ex-directeur de campagne présentait une feuille de route «irréprochable» en matière d’intégrité. Elle a mentionné notamment que M. Gagnon a exercé une «fonction stratégique auprès d’un chef de parti à la Chambre des Communes».

Ce chef, c’est Gilles Duceppe, ancien leader du Bloc québécois. Lorsque questionnée précisément sur ce passage au sein du Bloc de M. Gagnon, lui qui a été impliqué dans une tempête pour avoir été payé par le bureau parlementaire de M. Duceppe entre 2009 et 2011 alors qu’il faisait la promotion de la cause souverainiste, Mme Le Bel a affirmé ne pas s’être attardée à cette question.

«Je n’ai pas gratté ça, ce n’est pas quelqu’un qui arrive de nulle part, c’est quelqu’un qui est solide», a-t-elle dit.

Quant à savoir si cet épisode n’avait pas fait naître des doutes, elle a répondu: «En politique, des doutes soulevés, ça ne fonctionne que comme ça».

Mme Le Bel a ajouté que ce qui avait surtout influencé sa décision de travailler avec lui, c’était son implication au sein de la Ligue d’action civique, un organisme fondé en 2011 pour lutter contre la corruption.

M. Gagnon y occupait le poste de directeur général et Mme Lebel siégait au conseil d’adminstration.

Or la ligue s’implique activement dans la présence campagne municipale, invitant les candidats à prendre des engagements en faveur de l’intégrité. Si depuis le début de la campagne, Mme Le Bel et M. Gagnon se sont retirés des activités de la ligue, les bureaux de l’organisme sont situés dans le même édifice que le local électoral d’Option Laval, au 664 rue St-André.

Mme Le Bel précise que la ligue poursuit ses implications de manière indépendante. De son côté, la ligue a publié la liste des partis et candidats qui bénéficient de ses services. À Laval, on y retrouve les noms du parti Mouvement lavallois, de Marc Demers, et celui d’Option Laval.

«Ils peuvent appuyer qui ils veulent. L’idée de la ligue n’est pas de choisir un candidat et de l’écouter, c’est de favoriser la démocratie», précise Mme Le Bel.

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