Solidarité interconfessionnelle contre la charte des valeurs
Des juifs, des musulmans, des sikhs et des chrétiens se sont réunis dimanche dans le Temple Emanu-El-Beth Sholom à l’occasion d’une table ronde pour dénoncer le projet de charte des valeurs québécoises du gouvernement Marois.
«Nos kippas et nos turbans sont des dommages collatéraux de ce qui est vraiment ciblé. Nous n’en serions pas là sans l’islamophobie et en tant que juifs, nous devrions être solidaires avec nos frères et sœurs musulmans», a plaidé Daniel Weinstock, professeur à la Faculté de droit de l’Université McGill, avant d’être interrompu par une pluie d’applaudissements nourris. Ce moment décrit bien l’ambiance qui régnait dans la synagogue pleine à craquer.
Peur de l’autre, xénophobie, mais aussi entraide et fraternité étaient des thèmes très présents dans les interventions, autant des panelistes que du public. «Les juifs persécutés en Europe et en Afrique du Nord qui vivent maintenant à Montréal ont peur d’être à nouveau identifiés comme «l’autre», a affirmé Alice Herscovitch, directrice générale du Centre commémoratif de l’Holocauste.»
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Leila Beder, représentante de la Collective des féministes musulmanes du Québec, a quand à elle dénoncé le paternalisme de ceux qui veulent empêcher les femmes de porter le voile «pour leur propre bien». Mukhbir Singh, vice-président pour le Québec du World Sikh Organization, a de son côté expliqué que le turban était porté par les membres de sa communauté en tout temps, et que ce signe religieux faisait tellement partie de leur identité qu’il serait humiliant de l’enlever.