Le mouvement des élus avantage Coderre
La plupart des 100 élus en fonction, issus principalement du défunt parti Union Montréal et de Vision Montréal, arborent de nouvelles couleurs lors de cette campagne, et Denis Coderre a réussi à s’accaparer la plus grande part d’entre eux.
Des quatre nouveaux partis municipaux majeurs, Équipe Coderre et Coalition Montréal ont réussi à récupérer le plus d’élus déjà en poste, avec 28 et 25 respectivement. Projet Montréal compte 11 élus sortants, pour la plupart entrés en fonction sous la bannière du parti. Les formations de Mélanie Joly et Michel Brûlé, quant à elles, n’ont aucun élu dans leurs rangs.
Au chapitre des maires d’arrondissement en poste, Denis Coderre remporte la palme avec ses sept maires, ce qui est plus que Marcel Côté et Richard Bergeron ensemble, qui ont réussi à en attirer trois et deux respectivement. Pour Danielle Pillette, professeure associée au Département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM, cette réalité favorise M. Coderre.
«C’est certain que c’est un avantage pour M. Coderre. Il a pu aller chercher des maires d’arrondissement surtout dans des territoires périphériques où il sera en mesure de rafler tout. C’est une grande force, juge-t-elle. Probablement, les gens qui votent pour M. Coderre se disent que ça n’allait pas si mal dans l’arrondissement, mais qu’au moins ça changera la tête à la mairie de Montréal.»
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De plus, les maires d’arrondissement jouissent d’une plus grande visibilité que beaucoup d’autres candidats, et donc augmenteront à leur tour le profil de leur chef en faisant campagne, ajoute-t-elle.
Mais serait-ce difficile pour l’électorat de faire la part des choses, puisque la majorité des élus ne se présentent pas pour la même formation cette fois-ci? Mme Pillette croit que oui. «Il y a plus de 400 candidats tous niveaux confondus, c’est énorme. C’est impossible de faire le tri dans tout ça. Même à la mairie, ils sont 12, lance-t-elle. S’il y a un renouveau à faire, ça sera au niveau local, avec les minipartis. Mais à l’échelle de la ville, un changement de garde complet, c’est extrêmement rare.»
La candidate à la mairie, Mélanie Joly, qui elle n’a pas d’élu dans son parti, ne pense pas que la présence d’élus dans Équipe Coderre lui conférerait un avantage. «Par calcul électoral, Denis Coderre a bâti son équipe autour des élus d’Union Montréal, […] c’est l’équipe Tremblay-Zampino qu’il veut ramener à l’hôtel de ville par la porte d’en arrière», a-t-elle suggéré par courriel.
Ces données pourraient changer car, comme Métro l’a appris, un candidat élu et un indépendant annonceront mardi se rallier à l’équipe de Mélanie Joly.