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Repenser les CA pour éviter les scandales

Photo: Getty Images/iStockphoto

Dans la foulée des scandales du CHUM et de Tourisme Montréal, les critiques ne sont pas tendres à l’égard des conseils d’administration. Plusieurs experts considèrent qu’il faut revoir leur modèle de gouvernance sans quoi d’autres dérives risquent de se produire.

En théorie, les CA ont comme mandat de surveiller les faits et gestes de la direction d’un établissement ou d’une entreprise, rappelle l’économiste et ex-candidat à la mairie Marcel Côté. «Mais les politiciens nuisent à leur bon fonctionnement!» s’exclame celui qui a fondé le cabinet-conseil en gestion Secor. Selon lui, les gouvernements québécois ont une «fâcheuse tendance» à s’immiscer dans les affaires intérieures des CA du secteur public, en nommant des gens qui n’ont pas les compétences requises.

«Dès qu’on change de gouvernement, on voit que des têtes de CA sont changées pour avoir un nouvel individu qui ira dans le sens du nouveau parti au pouvoir», déplore-t-il. Certes, le gouvernement a le droit de regard sur le choix des candidats au CA, mais il doit s’assurer qu’ils ont les connaissances requises pour bien questionner l’administration, croit M. Côté.

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«Il y a un bon nombre de CA incompétents qui gobbent tout ce que leur dit la direction sans vérifier», observe Saidatou Dicko, professeure en sciences comptables à l’UQAM. Selon elle, le gouvernement devrait passer plus de temps à revoir les règlements entourant le CA et moins à faire du favoritisme politique. «Il faut mieux déterminer les critères d’embauche des membres du CA, aussi établir des sanctions si des conflits d’intérêts sont observés», laisse-t-elle savoir. Selon elle, plus les personnes siègent sur plusieurs CA, tout en occupant plusieurs fonctions, plus les conflits potentiels s’accumulent.

Mme Dicko trouve aussi paradoxal que les personnes siégeant sur les CA du secteur public soient toutes bénévoles. «On ne peut donner autant de responsabilités sans donner aucune compensation», dit-elle.

Plus les organisations sont grandes, comme c’est le cas pour les mégahôpitaux, plus il devient difficile de recruter des personnes compétentes pour diriger le CA. C’est ce qu’avance Douglas Angus, expert en gestion de la santé et professeur à l’Université d’Ottawa. Pour assurer un bon fonctionnement d’une structure comme le CHUM, il faut selon lui que le gouvernement nomme un superviseur externe pour revoir la structure administrative. En Ontario, le gouvernement provincial avait procédé à cette mesure à l’aube des années 2000, lorsque les administrations de trois hôpitaux ont fusionné pour créer l’hôpital d’Ottawa.

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