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Denis Coderre: «La politique, c’est ma vie»

Laurence Houde-Roy et Roxane Léouzon - Métro

Les temps ont bien changé depuis le lancement de sa candidature, sous les huées de manifestants. Denis Coderre est maintenant bien assis dans son fauteuil de maire de Montréal. C’est devant un sapin de Noël de l’hôtel de ville qu’il a rencontré Métro pour dresser un bilan de ses premières semaines au pouvoir et faire le portrait de l’année à venir.

Vous avez été ministre. Vous êtes maintenant à la tête de la plus grande ville francophone d’Amérique du Nord. Quelles sont les différences?
À la Ville de Montréal, c’est le maire qui prend la décision finale. Dans ce sens-là, ça me plaît bien. Aussi, le municipal, c’est le gouvernement le plus proche des gens. Il y a une relation vraiment directe et j’aime beaucoup ça.

Vous avez un agenda assez chargé…
C’est vrai que je suis partout, c’est ça la beauté de la chose. La politique, ce n’est pas une job, c’est ma vie. Plus tôt [le jour de l’entrevue], je suis allé à une messe, ce soir je vais à un hommage à Nelson Mandela avec la United Church et ensuite j’ai un cocktail avec le consul américain. Entre temps, je fais des téléphones et je tweet, et le gens me répondent. C’est vraiment formidable.

Est-ce que vous répondez si on vous pose des questions sur Twitter?
Si vous êtes gentils, oui.

Au début de la dernière opération de déneigement, vous avez demandé aux gens sur Twitter de vous signaler des situations particulières sur le terrain. Pourquoi?
C’est la proximité. Je vais vous donner un exemple. Sur le coin de Fleury cet automne, à côté d’un restaurant, il y avait un tas de vidanges et de feuilles, c’était bien épouvantable. Une personne m’a envoyé une photo, me disant: «Ça n’a pas de bon sens, qu’est-ce que vous pouvez faire?» J’ai appelé l’arrondissement Ahuntsic et puis on a enlevé le tas au bout de deux heures. Le maire Jean Drapeau prenait des marches tous les dimanches, il faisait le tour des quartiers, notait où il y avait des trous. Le lundi matin, il appelait les travaux publics: «Arrangez-moi ça, vous avez une semaine!». Moi, je suis comme ça.

Durant la campagne électorale, vous avez parlé de saborder votre parti après les élections. Avez-vous changé d’idée?
Je n’ai pas l’intention de le saborder pour l’instant. Le parti demeure parce qu‘il y a une réalité de remboursement avec le Directeur général des élections… Mais on ne fera pas de campagne de financement et on va tenir ça au minimum…

Au mois de janvier, à court terme, qu’est-ce qui vous attend?
Je veux revoir notre politique de développement économique. Ça va nous prendre un statut de métropole, comme il y a un statut de la capitale avec Régis. Il y a des réalités auxquelles on est confronté aujourd’hui et le gouvernement doit prendre note de la situation.

C’est sûr qu’en 2014, l’une des questions importantes, sera celle des régimes de retraite. Je veux travailler, négocier. On va déjà, dès le mois de janvier, faire ces fameuses sessions de travail qu’Agnès Maltais voulait.

Parallèlement à ça, sur le plan économique, on ne peut pas juste dépendre des taxes foncières. Il faut nécessairement un nouveau pacte fiscal.

Que comptez-vous réaliser dans les 100 premiers jours de 2014?
Dans un premier temps, il va y avoir la finalisation de mon plan anticorruption et anticollusion. On est en train de faire une réforme administrative en profondeur pour enlever tous les dédoublements à la Ville.

D’ici la fin février, on va aussi procéder à la nomination de l’inspecteur général.

Le dépôt du budget est également prévu en janvier. Il y aura des sacrifices, des décisions difficiles à prendre. Il y a un manque à gagner qui est important.

Je veux par ailleurs rencontrer de façon régulière les maires d’arrondissement, pour qu’on puisse regarder, ensemble, les besoins qui les touchent.

Il va aussi y avoir beaucoup de travail à faire au niveau des infrastructures.

Puis, àpartir de janvier, on va s’occuper davantage des fêtes du 375e anniversaire de Montréal.

Je veux aussi entreprendre une tournée du Québec pour rencontrer les autres maires, et faire en sorte que Montréal joue un rôle de leadership régional.

Quels sont les sacrifices dont vous parliez pour le budget?
On doit refaire certaines infrastructures. J’ai promis qu’on ne montera pas les taxes, alors ça restera au niveau de l’inflation pendant quatre ans. Ça veut dire qu’il faut voir les choses autrement. Je veux m’assurer qu’on donne les services de proximité, ça c’est ma priorité. C’est pour ça que je ne promettais pas mer et monde pendant la campagne électorale.

Pour les citoyens, quelle sera la différence entre l’avant inspecteur général et l’après?
On va dépolitiser la question de l’éthique. Ce sera une personne en mesure de dire qu’il y a un contrat qui ne fonctionne pas ou qui donne l’impression de ne pas fonctionner. Cette personne va être en mesure de rouvrir un contrat, et s’il y a une question criminelle, il prendra le dossier et le donnera à l’UPAC.

Le gouvernement fédéral a l’air assez décidé à imposer un péage sur le pont Champlain. Avez-vous encore des cartes entre les mains pour le faire reculer?
On a toujours des cartes. Je ne suis pas seul, il y a beaucoup de gens qui pensent comme moi. Tous les maires de la communauté métropolitaine de Montréal sont contre le péage, parce qu’ils ont compris que si on en met un à une place, on doit en mettre un tout autour de l’île et il va y avoir un impact direct sur notre centre-ville, notre commerce. Ayons un débat de fonds, et j’attends le plan d’affaires du gouvernement du Canada.

Questions en rafale

Qui est l’élu de l’opposition avec qui vous vous entendez le mieux?
J’ai beaucoup d’atomes crochus avec Réal Ménard et Russel Copeman.

Celui avec qui vous vous entendez le moins?
Je n’ai pas de problème avec quiconque.

Votre résolution pour 2014?
Perdre du poids.

Votre souhait pour 2014?
Qu’on travaille ensemble. Qu’on ramène une fierté, une appartenance.

Un voyage officiel à l’étranger auquel vous avez hâte?
Je vais aller à Haïti. Montréal est jumelé à Port-au-prince et je suis le premier maire d’origine haïtienne (rires).

Que faites-vous au jour de l’an?
Je vais être en famille. À chaque fois que j’ai le temps, je débarque de l’auto et je vais jaser avec le monde.

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