Élections: opération séduction sur les campus
Bien conscients que les étudiants pourront voter sur le campus pour une première fois, les partis politiques sont déjà très mobilisés pour séduire ces 400 000 jeunes électeurs.
«En ce moment, on a l’impression d’être les seuls sur le terrain, on n’a croisé aucun autre parti», lance Frédéric St-Jean, président de l’aile jeunesse du Parti québécois (PQ). Ce dernier, qui a entamé une grande tournée provinciale avec d’autres membres de l’aile jeunesse, a sillonné près d’une dizaine d’institutions en moins d’une semaine.
À l’Université de Montréal, les bénévoles des partis s’activent. «Le PQ distribue déjà des tracts et nous a approchés pour aider à informer les étudiants de leur droit de vote. Les jeunes libéraux nous ont aussi contactés, et selon moi, Québec solidaire ne va pas tarder», commente Tiago Silva, secrétaire général de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’UdeM. Ce dernier estime que les associations étudiantes doivent assurer la tenue d’évènements où les partis jouissent d’une même visibilité. «On ne peut pas empêcher le tractage partisan, mais nous pouvons distribuer de l’information neutre aux étudiants pour les informer des diverses plateformes, et organiser des débats où tous les candidats peuvent faire valoir leurs idées», ajoute-t-il.
Les représentants jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ) sont confiants de pouvoir faire des gains sur les campus, même si le parti a été boudé par un grand nombre d’étudiants en 2012, à la suite du printemps érable. «On ne néglige aucun campus, même ceux où une majorité de jeunes ne sont pas favorables au PLQ. On a des partisans partout et on va à leur rencontre», déclare Étienne Collins, porte-parole de la Commission-Jeunesse du PLQ.
Disposant de moins de ressources que le PQ et le PLQ, Québec solidaire (QS) assure tout de même une présence quotidienne sur près de la totalité des campus montréalais et dans plusieurs autres villes, indique le directeur de campagne dans Mercier, Keena Grégoire. «On sait qu’un grand nombre de nos électeurs sont âgés entre 19 et 24 ans; les universités et les cégeps sont des terrains de prédilection et un grand nombre de nos bénévoles s’y trouvent», dit-il.
Même son de cloche à Option nationale, où le chef, Sol Zanetti, tient des conférences presque chaque jour dans les institutions scolaires. «Beaucoup de jeunes adhèrent à notre message, mais il faut assurer une présence constante pour leur rappeler d’exercer leur droit de vote», fait valoir Mathilde Lefebvre, directrice des communications du parti.
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La Coalition avenir Québec (CAQ) semble moins axer sa stratégie autour des campus. «Pour le moment, on concentre surtout nos efforts à aider les députés sur le terrain, on ne cible pas les campus comme tel. On organise toutefois des rencontres avec des groupes d’étudiants», indique le président de la Commission de la relève de la CAQ, David Raynaud.
«Notre parti a été créé en 2012, nous sommes encore entrain de créer notre base de jeunes militants. On va certainement avoir une présence plus importante dans les cégeps et les universités au fil des années», avance-t-il.
Vote sur le campus: comment ça marche?
Les université et les cégeps auront plusieurs bureaux de scrutin ouverts lors des journées du 28 mars, 1er, 2 et 3 avril. Les urnes seront ouvertes de 9h à 21h, sauf pour le 3 avril, où elles fermeront à compter de 14h. Le Directeur général des élections estime que cette mesure permettra d’aller chercher environ 400 000 nouveaux électeurs. De plus, cela permettra aux étudiants provenant de régions éloignées de voter dans leur établissement scolaire, pour les candidats de la circonscription à laquelle correspond leur adresse civique, sans devoir s’y déplacer.