L’aérogare de Mirabel serait démantelée
Aéroports de Montréal (ADM) pourrait démanteler l’aérogare de Mirabel, inoccupée depuis 2004.
C’est ce qu’a annoncé ADM lors de la présentation de ses résultats annuels, jeudi. Un appel d’offres sera lancé sous peu et l’octroi du contrat de démolition du bâtiment de 15 acres sera attribué à l’automne si aucun repreneur ne se manifeste.
«Depuis 2004, nos dépenses pour entretenir minimalement ce bâtiment ont totalisé plus de 30M$, en vain. C’est assez, a déclaré James Cherry, PDG d’ADM. En plus, des réparations majeures d’au moins 15M$ sont requises de manière urgente. Il est temps de tourner la page.»
Pour arriver à cette conclusion, la direction d’ADM se base sur un rapport d’experts, rédigé par le Groupe Altus et Arup, qui démontrerait «que l’ancienne aérogare est aujourd’hui totalement désuète et que son potentiel de récupération à des fins commerciales autres qu’aéroportuaires est quasi nul et économiquement injustifié», écrit ADM. Transport Canada aurait reçu une copie du rapport et confirmé que le bail foncier permettait son démantèlement en vertu de la clause de désuétude, selon ADM.
Le site de l’aéroport resterait toutefois en activité. Il sert actuellement à des activités de transport de marchandises et plusieurs entreprises du secteur aéronautique y ont des bâtiments.
En conférence de presse M. Cherry a indiqué que la destruction possible de l’aérogare ne fermait pas forcément la porte au dernier projet en date: celui de la création d’un salon aéronautique sur le site.
«Un tel salon, c’est dans les airs et sur les pistes que cela se passe», a-t-il ajouté. Il précise toutefois n’avoir reçu aucun signe lui permettant de juger de l’appui de l’industrie pour un tel évènement, ni même d’offre financière pour la reprise en totalité de l’édifice.
Pour le maire de Mirabel cette nouvelle est inacceptable. «C’est un non-sens de songer à démanteler ces installations qui ont été érigées au prix de nombreux sacrifices humains lors de l’expropriation de centaines de familles en 1975 et qui, de plus, pourraient encore servir à d’autres fins que de jouer le rôle d’une aérogare»», a déclaré Jean Bouchard, jeudi. Ce dernier croit qu’il est encore temps d’y installer un salon de foire international qui pourrait accueillir un salon de l’aéronautique comme l’a fait la France avec le site du Bourget.
Le maire précise avoir l’appui de la Communauté métropolitaine de Montréal et clame qu’ADM n’a jamais fait la démonstration que l’aérogare avait des problèmes structurels. M. Cherry prétend de son côté que le toit (6M$) et le système de chauffage et de climatisation (3,3M$) montrent des signes de détérioration et que l’entreprise a été suffisamment patiente pendant ces dix dernières années où aucun projet de reprise n’a abouti.