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Les chauffeurs de taxi lancent une campagne d’autocollants

À l’instar des employés municipaux, des chauffeurs de taxi tentent d’attirer l’attention sur leurs revendications en se lançant eux aussi dans la guerre des autocollants.

Depuis vendredi dernier, une vingtaine de voitures de taxi montréalais arborent le slogan «On n’a rien volé non plus!», en référence aux autocollants qui dénoncent le projet de loi 3 par les syndicats des employés municipaux.

«J’ai modifié un slogan bien connu du public. [Nos revendications] n’ont pas de lien avec celles des [employés municipaux], c’est pour attirer l’attention des gens», précise l’instigateur de ce mouvement, Hassan Kattoua, propriétaire et chauffeur de taxi depuis 15 ans.

Bien qu’il s’expose à une amende de près de 160$ par le Bureau du taxi de Montréal (BTM), M. Kattoua a tout de même décidé d’aller de l’avant avec ces autocollants qu’il a confectionnés lui-même, en plus de convaincre certains de ses amis chauffeurs de les coller sur leur voiture. Comme des policiers et inspecteurs du BTM ont eux-mêmes collé des autocollants contre le projet de loi 3 sur leur voiture de fonction, il estime être un peu plus à l’abri d’une réprimande.

Ces chauffeurs dénoncent notamment l’industrie du transport illégal qui leur font compétition sur des sites comme Kijiji, ainsi que «l’injustice» des tirages pour l’obtention des permis de l’aéroport de Montréal. «Pendant 15 ans, je n’ai pas eu la chance de travailler à l’aéroport, tandis que mes amis ont été pigés 3 ou 4 fois», signale M. Kattoua, qui espère une rotation parmi les chauffeurs pour l’attribution de ces permis.

À travers ces dénonciations et les problèmes de corruption qui sévissent avec les hôteliers, les chauffeurs se sentent démunis. «Qui parle au nom des chauffeurs? Les compagnies de taxi. Mais leur intérêt, c’est de faire de l’argent», regrette M. Kattoua. Il compte faire pression à l’aide de nouveaux autocollants dans les prochains jours pour la création d’un syndicat des chauffeurs de taxi. Une idée qui ferait consensus parmi ses confrères, estime le chauffeur.

Alors que les chauffeurs de taxi doivent payer plus de 400$ par mois aux compagnies de taxi pour recevoir des commandes de leur part et 3000$ pour le permis d’aéroport, M. Kattoua met en lumière ces «dépenses abusives» qui leur sont imposées. Avec un nombre toujours en augmentation des méthodes de transport alternatives pour les Montréalais, comme le Bixi, Communauto et Car2Go, les chauffeurs de taxi demandent également de l’aide financière des autorités. «On ne dit pas de mettre fin à tous ces problèmes, car c’est trop tard, mais aidez-nous un peu», clame M. Kattoua.

Il n’a pas été possible, dimanche, d’obtenir la position du Bureau du taxi de Montréal.

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