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Les hauts et les bas des tribunes publiques

Photo: Getty Images/iStockphoto

Ils sont de toutes les tribunes, mais leur voix n’a pas toujours l’impact qu’ils souhaiteraient: élus et chercheurs feront le point mercredi soir au cours de la soirée d’ouverture de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde (INM).

La voix d’un politicien prend un sens particulier lorsqu’il permet d’atteindre les plus hauts consensus de la société, soutient d’emblée la députée de Québec solidaire (QS), Manon Massé, qui sera de ce débat portant sur les voix publiques à l’INM. «La loi sur les soins de fin de vie, c’est un bel exemple [des élus de différents partis] qui travaillent main dans la main pour le bien-être de la population», illustre-t-elle.

Mme Massé se désole toutefois des limites imposées aux partis à contre-courant comme le sien, moins écoutés par les grands médias, dit-elle. «Dès qu’on a demandé de trouver des moyens de sortir le Québec de [sa dépendance au] pétrole, les éditorialistes et les autres politiciens ont discrédité notre discours», regrette la députée.

Elle croit ainsi qu’une refonte majeure du mode de scrutin est nécessaire afin de mieux représenter la voix citoyenne actuellement distorsionnée à l’Assemblée nationale, dit-elle. Une opinion appuyée par le chercheur et économiste de l’UQAM Éric Pineault qui sera également du panel de l’INM. «Plus fondamentalement, il faut se demander quelle est la place accordée au débat public dans notre société», ajoute-t-il.

«Des fois, les médias m’invitent à intervenir sur des questions pour lesquelles je n’ai aucune expertise, juste parce qu’on aime les visages familiers. C’est le piège de l’intellectuel.» -Éric Pineault, économiste et chercheur à l’Université du Québec à Montréal, qui estime que cette pratique nuit au débat public.

Lui qui se présente comme «intellectuel public» en participant aux tribunes télé et radio, estime également que ses propos de chercheur détachés de la partisanerie permettent d’approfondir les débats de société et de sortir du cadre établi pour comprendre les phénomènes de société.

Mais ce cadre «gauche/droite» imposé par les médias est un «poids» majeur pour son travail, dit-il. «Sur certains sujets, tu ne peux pas être pour ou contre, c’est juste une question d’avoir du recul et d’analyser le sujet. Dès qu’on tente de parler d’enjeux plus complexes que ce à quoi les médias sont habitués, ils me ramènent à des sujets plus familiers», se désole le chercheur.

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