Bruit au parc Jean-Drapeau: Saint-Lambert maintient le cap
La Ville de Saint-Lambert compte poursuivre le processus judiciaire entamé dans le conflit qui l’oppose à la Ville de Montréal et l’entrepreneur evenko au sujet du bruit des concerts au parc Jean-Drapeau, mais souhaite laisser place à la discussion avant tout.
La Cour supérieure du Québec a rendu un jugement, en juillet, rejetant la demande de la Ville de Saint-Lambert de limiter à 95 dB le volume sonore des concerts au parc Jean-Drapeau. Il s’agissait d’une première étape du processus judiciaire et Saint-Lambert peut maintenant passer à la requête en injonction permanente, où un juge statuera de façon définitive sur la cause.
Le maire de Saint-Lambert, Alain Dépatie, dit que cette requête pourrait être entendue dans les prochains mois, «voire en 2016».
Depuis près de six ans, les citoyens de Saint-Lambert résidant sur les rives du fleuve St-Laurent se plaignent du bruit provenant des concerts estivaux tels qu’Osheaga et Heavy Montreal, au parc Jean-Drapeau
Bien que les élus de Saint-Lambert disent vouloir «maintenir le cap», ils invitent d’abord les partis à la discussion pour trouver une entente commune avant la suite du processus judiciaire, ont-ils annoncé dans un communiqué, mardi, faisant suite à une rencontre sur le sujet la veille.
«Les élus de Saint-Lambert sont convaincus qu’une entente négociée est toujours préférable à une entente imposée», indique le communiqué de la municipalité.
Alors que les citoyens de la municipalité de la Rive-Sud ont déjà déboursé près de 200 000$ en frais juridiques pour cette bataille, les élus de Saint-Lambert se disent soucieux «de gérer [les] finances publiques de manière responsable» et veulent privilégier une solution négociée de façon politique. La Ville de Saint-Lambert invitera prochainement le maire de Montréal, Denis Coderre, la présidente du conseil d’administration de la Société du parc Jean-Drapeau, Danièle Henkel, et le président d’evenko, Geoff Molson, à s’asseoir autour d’une table «afin de rechercher une solution durable, satisfaisante et économique pour toutes les parties».
Les élus disent vouloir donner «une nouvelle chance aux discussions et négociations».
«En tant que demanderesse dans ce dossier, nous sommes totalement en contrôle des actions qu’on juge opportun de poser, a souligné à Métro le maire Alain Dépatie. Donc, si on en vient à une entente autour de la table, on pourrait peut-être choisir d’abandonner la requête en injonction permanente. Puisque la cause a été très médiatisée, on espère que Montréal et evenko choisiront de nous parler plutôt que de poursuivre le processus judiciaire.»
En juillet, la Cour supérieure du Québec a rejeté la demande de la Ville de Saint-Lambert estimant que la Ville de Montréal et evenko pouvaient subir un préjudice en raison des pertes économiques liées à une réduction du niveau sonore.
Saint-Lambert n’a pas réussi à convaincre la juge Chantal Corriveau de l’existence d’un danger pour les résidants. La Cour a finalement statué que Saint-Lambert ne subit pas de préjudice irréparable en raison du bruit.
Le Cabinet du maire de Montréal n’a pas répondu à la demande de Métro pour savoir si le maire acceptera la demande de négociation.