Moins de locataires à la rue cette année
Moins de gens se retrouvent sans logement cette année, au lendemain du 1er juillet. Mais selon le Front d’action populaire en réaménagement urbain, cela ne doit pas masquer le fait que la crise du logement sévit de plus belle.
Sur les 86 ménages sans logis au Québec, 5 sont à Montréal. L’an dernier à pareille date, on en dénombrait pas moins de 25. Selon le FRAPRU, la situation ne s’est pas pour autant améliorée.
«Les programmes sensés venir en aide aux ménages en difficultés sont menés en quasi clandestinité», a dénoncé Marie-Josée Corriveau du FRAPRU, lundi. Elle déplore notamment que la Ville de Montréal ait annoncé son plan d’aide à la dernière minute. «C’est plus ou moins étonnant que les locataires se soient plus ou moins manifestés», a-t-elle ajouté.
Cette théorie ne tient pas la route, selon Patricia Bouchard, directrice du Service des demandes de logement de l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM). «L’information a été transmise de la même façon que l’année dernière et les chiffres ont quand même baissé», a-t-elle souligné.
Ainsi, 17 ménages ont bénéficié des services d’aide au relogement depuis le début du mois de juin contre 54 l’an dernier. Lundi, un seul ménage était hébergé par le service d’aide au relogement de l’OMHM en attente de trouver un logement. L’an dernier, ils étaient 12.
François Saillant, coordonnateur du FRAPRU s’inquiète surtout de la diminution de construction de logements locatifs. Cette baisse est encore plus importante en 2012. À Montréal, on compte depuis le début de l’année, seulement 160 constructions de logements locatifs. Cela représente une baisse de 49% par rapport à l’an dernier, selon le FRAPPRU.
«Tu peux arriver à te loger à Montréal, mais à quel prix, a déploré M. Saillant. Ce qui se construit ce sont des logements pour des gens qui ont un peu plus de moyens.» Les promoteurs privés se tournent de plus en plus vers les condominiums. Depuis le début de l’année, le FRAPRU compte 14 fois plus de construction de condos à Montréal et Longueuil que de chantiers de logements locatifs.
La FRAPRU a toutefois précisé qu’il ne blâmait pas les constructeurs privés pour qui il est plus rentable à court terme d’investir dans les condos. «On dit que ce n’est pas sur eux qu’il faut compter. C’est au gouvernement de financer le logement social, c’est la voie pour résoudre le problème, a affirmé M. Saillant. C’est le gouvernement qui s’est engagé à respecter le droit au logement.»
Plutôt que de construire des logements sociaux l’Association de propriétaires du Québec, qui a publié un communiqué lundi, penche vers une aide à la construction de logements locatifs qui pourrait inciter les investisseurs à favoriser l’achat ce type d’immeuble.
Demande du FRAPRU au gouvernement
- Rendre plus accessibles les subventions de suppléments de loyer pour ceux qui ne trouvent pas de loyers abordables.
- Aide aux municipalités pour les aider à développer des mesures d’urgence (subvention pour héberger les gens sans logis et pour entreposer leurs biens).
- Davantage de programmes de logements sociaux.