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Policiers au G7: Québec nomme trois observateurs

Policiers au G7: Québec nomme trois observateurs
Photo by: Jacques Boissinot/La Presse canadienne

QUÉBEC — Le travail des policiers durant les manifestations entourant le Sommet du G7 sera surveillé de près.

Québec a donné à trois observateurs indépendants le mandat de rendre compte du travail des forces de l’ordre, particulièrement sous l’angle de leurs interactions avec les manifestants.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a soutenu mercredi que le gouvernement voulait s’assurer que les policiers travaillent à cette occasion «selon les règles de l’art» et en faisant preuve «de la retenue nécessaire» envers les manifestants.

Lors d’une mêlée de presse à l’Assemblée nationale, il a rappelé que les gens mécontents de la tenue du sommet avaient le droit «démocratique» d’exprimer leur colère et de manifester dans les rues.

À l’heure actuelle, trois manifestations sont prévues à Québec au cours des prochains jours en marge du sommet du G7: la première jeudi soir, une deuxième vendredi et la dernière samedi, qui débutera devant le parlement.

Les forces de l’ordre craignent des débordements causés par la présence attendue de casseurs déterminés à multiplier les gestes de violence.

La Sûreté du Québec a pris très au sérieux cette menace, au point de recommander à l’Assemblée nationale et au Conseil du trésor de fermer le parlement et les édifices gouvernementaux situés sur la colline parlementaire le temps du sommet. Les parlementaires et les fonctionnaires auront donc droit à un congé forcé, en pleine session intensive.

Pendant près de trois jours, toute l’activité normale de la colline parlementaire sera donc interrompue, pour laisser toute la place aux manifestants et aux policiers. Les travaux parlementaires reprendront exceptionnellement lundi matin pour se terminer comme prévu le vendredi 15.

Portant un brassard pour les identifier, les trois observateurs — deux sont spécialisés en droit de la personne et un troisième est un expert des questions d’éthique policière — pourront se déplacer à leur guise sur les lieux où se dérouleront les manifestations, théâtre d’éventuelles arrestations.

Ils pourront «aller sur le terrain, là où ils veulent», a précisé le ministre, qui leur confie le mandat de voir comment la police va gérer la situation et, surtout, documenter d’éventuels actes de répression excessive.

Les observateurs devront par la suite produire un rapport au gouvernement, dans lequel ils feront part de leur appréciation du travail policier.

Le leader parlementaire de l’opposition officielle, Pascal Bérubé, a fait valoir que la population de Québec et les commerçants étaient inquiets. «Il faut rassurer la population. Ils sont inquiets quant à leur sécurité», a-t-il dit lors d’une mêlée de presse.

Il demande au gouvernement fédéral de s’engager dès maintenant à compenser les citoyens et commerçants pour les coûts occasionnés par des gestes de violence ou du vandalisme.

Le député solidaire de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, a dit craindre une «surenchère sécuritaire» à l’occasion du G7.

«On a tellement peur d’avoir peur d’avoir peur qu’on dépasse les bornes et qu’on brime certains droits des citoyens qui veulent s’exprimer», selon lui.

En parallèle, Amnistie internationale et la Ligue des droits et libertés (LDL) mèneront une mission d’observation conjointe des libertés civiles lors du G7.

«Les deux organisations veulent rappeler l’importance d’éviter que la répression policière et les violations de droits à l’égard des manifestants qui ont marqué des grands sommets tels que le Sommet des Amériques à Québec, le Sommet de Montebello et le Sommet du G20 à Toronto, ne se reproduisent lors du Sommet du G7» de La Malbaie, ont commenté les deux organismes par communiqué. Les deux groupes feront le point en conférence de presse jeudi.

Le Sommet du G7, qui réunira les leaders des sept pays les plus industrialisés, se tiendra à La Malbaie, dans Charlevoix, les 8 et 9 juin. Il fait l’objet de mesures de sécurité exceptionnelles.

Les trois observateurs:

Les trois observateurs mandatés par Québec pour surveiller le travail des policiers sont les suivants:

– Christine Vézina: professeure adjointe à la Faculté de droit de l’Université Laval depuis 2014, co-porte-parole du Groupe d’études en droits et libertés.

– Louis-Philippe Lampron: professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université Laval depuis 2007, chercheur et co-porte-parole du Groupe d’étude en droits et libertés.

– Mario Bilodeau: ancien président et membre du Comité de déontologie policière du Québec.

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