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Ottawa critiqué par l’ONU en matière de droit au logement

Ottawa critiqué par l’ONU en matière de droit au logement
Photo: Paul SancyaPaul Sancya / The Associated Press

OTTAWA — Une experte de l’ONU en matière de droit au logement critique le gouvernement de Justin Trudeau pour ce qu’elle considère comme une volte-face à l’égard de sa promesse d’intégrer une perspective des droits de la personne à sa stratégie sur le logement.

Dans une lettre cinglante, Leilani Farha, rapporteur spécial des Nations unies sur le logement convenable, affirme que son appui à la stratégie du gouvernement fédéral est en train de décliner parce que des indices laissent croire les libéraux «pourraient ne pas reconnaître le droit au logement» dans le projet de loi de 40 milliards $ sur dix ans qui devrait être adopté à l’automne.

En entrevue avec La Presse canadienne, Mme Farha a affirmé que les libéraux ne peuvent pas créer une stratégie de logement fondée sur les droits de la personne s’ils ne reconnaissent pas juridiquement le droit au logement.

«À l’heure où les droits de la personne sont si fragiles dans le monde, avec des gouvernements populistes qui réagissent contre le système multilatéral des droits de l’homme, j’aurais cru que le gouvernement du Canada ferait tout ce qu’il peut pour défendre les droits de l’homme», a déclaré Mme Farha, qui dirige également le groupe Canada sans pauvreté.

«Au lieu d’adopter la recommandation et le droit au logement, le gouvernement semble reculer devant cette recommandation.»

Un porte-parole du ministre du Développement social Jean-Yves Duclos, qui est responsable de la stratégie en matière de logement, a indiqué que le gouvernement Trudeau prévoit «reconnaître et mettre progressivement en œuvre le droit de tous les Canadiens à un logement adéquat» afin de s’assurer qu’ils «aient un lieu de résidence adéquat et abordable».

Les libéraux ont promis de présenter un projet de loi qui empêcherait tout futur gouvernement fédéral d’abandonner le plan visant à aider les provinces et les territoires à fixer des objectifs à long terme en matière d’accès au logement, au lieu de devoir négocier du financement d’année en année.