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Un cathéter muni d’un ballonnet qui fait de petits miracles au CUSM

Un cathéter muni d’un ballonnet qui fait de petits miracles au CUSM
Photo: THE CANADIAN PRESSDr. Andrew Beckett, trauma surgeon and ICU doctor at the McGill University Health Centre (MUHC and lieutenant-colonel and Chief of General Surgery and Trauma for the Canadian Military) shows Gaven Mayo, who had a serious gunshot injury, the catheter that he invented that saved his life, Wednesday, July 11, 2018 at the Montreal General Hospital in Montreal. THE CANADIAN PRESS/Ryan Remiorz

TORONTO — Avant d’arriver dans un hôpital de Montréal pour soigner une blessure profonde à la cuisse infligée par la balle d’un fusil de gros calibre, Gaven Mayo avait perdu une quantité imposante de sang et, de son propre aveu, se trouvait entre la vie et la mort.

L’homme de 27 ans de la Première Nation de Kahnawake assimile sa survie à un simple appareil qui peut faire cesser abruptement un saignement important, donnant le temps aux chirurgiens de réparer les dommages de blessures traumatiques et de sauver des vies qui auraient sans doute été perdues autrement.

«Durant toute la route vers l’hôpital, je continuais à perdre du sang», a-t-il souligné mercredi de son lit au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), où il reprend des forces depuis les six dernières semaines en attendant son transfert vers un centre de réadaptation. «Après mon arrivée à l’hôpital, ils m’ont dit que j’avais perdu environ 80 pour cent de mon sang», a-t-il ajouté.

Gaven Mayo n’a pas voulu discuter des circonstances dans lesquelles il a été atteint, mais a soutenu que la balle avait défoncé sa cuisse, fracturant son fémur et déchirant son artère fémorale — le plus important vaisseau sanguin dans la jambe.

Il aurait pu mourir dans son sang si ce n’avait été de l’usage par des médecins du CUSM d’un appareil récemment adopté par l’établissement, un cathéter muni d’un ballonnet qui est gonflé dans l’aorte pour interrompre toute circulation du sang sous le niveau du diaphragme.

L’appareil — connu sous le nom de cathéter ER-REBOA — est fait d’un mince tube flexible recouvert d’un ballonnet gonflable, qui est injecté dans l’artère fémorale dans l’aine avant d’être inséré dans l’aorte, de la même manière qu’un cathéter pour angioplastie est introduit pour débloquer des artères coronaires pour des gens ayant des maladies du coeur.

Le docteur Andrew Beckett, un chirurgien traumatologue au CUSM ayant introduit l’usage du cathéter ER-REBOA dans le centre hospitalier, a souligné qu’il ne fallait que deux minutes pour insérer le cathéter et gonfler le ballonnet.

L’appareil est conçu non seulement pour faire cesser le saignement dans le bas du corps, mais aussi pour maintenir la circulation du sang dans le cerveau, le coeur et les poumons, a-t-il indiqué, ajoutant qu’une fois le ballonnet gonflé, la tension artérielle dangereusement basse d’un patient en hémorragie se normalise et la fréquence cardiaque est réduite.

«Lorsque vous avez un choc hémorragique, c’est comme une attaque dans tout le corps ou une crise cardiaque», a-t-il souligné.

M. Beckett, un lieutenant-colonel dans le Service de santé royal canadien et chirurgien général en chef pour les forces armées, avait été informé de l’existence de cet appareil, particulièrement en lien avec les blessures au combat des Américains en Irak et en Afghanistan.

Après l’approbation reçue de Santé Canada en 2017, les médecins traumatologues au CUSM ont amorcé leur formation, a indiqué M. Beckett, qui croit savoir que l’hôpital montréalais est le seul au Canada à en faire l’usage à ce jour.

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