National
16:26 10 décembre 2018 | mise à jour le: 10 décembre 2018 à 20:38

La sécurité essentielle dans l’examen sur Huawei

La sécurité essentielle dans l’examen sur Huawei
Photo: Mark Schiefelbein/APMark Schiefelbein / The Associated Press

OTTAWA — Le ministre de l’Infrastructure, François-Philippe Champagne, a indiqué que les questions de sécurité nationale devaient primer dans le processus pour déterminer si Huawei Technologies pourra prendre part au développement du réseau de télécommunications 5G au Canada.

En entrevue avec La Presse canadienne, le ministre Champagne a affirmé que le Canada devait faire preuve de prudence et s’appuyer sur les informations fournies par ses services de renseignement avant de se prononcer sur la participation éventuelle de la société chinoise au réseau mobile de prochaine génération.

D’anciens responsables de la sécurité au Canada et deux membres du comité spécial du renseignement du Sénat américain ont déjà averti que la participation de Huawei pourrait compromettre la sécurité du Canada et celle de ses plus proches alliés.

Huawei a souligné qu’elle n’était pas contrôlée par l’État chinois et a nié être impliquée dans des activités de renseignement pour le compte d’un quelconque gouvernement.

L’opposition conservatrice a de nouveau exhorté lundi le gouvernement Trudeau à laisser Huawei en dehors de l’infrastructure 5G du Canada, qui devrait permettre des connexions beaucoup plus rapides et une plus grande capacité de transmission de données.

«Il semble que les seuls Canadiens qui ne s’inquiètent pas de la menace que Huawei fait peser sur notre réseau de téléphonie mobile se trouvent sur les banquettes libérales», a déclaré le député conservateur Dan Albas au cours de la période de questions. «Il s’agit d’une menace majeure pour la sécurité, et ce gouvernement refuse de faire quoi que ce soit à ce sujet.»

Le gouvernement veut s’assurer que les Canadiens ont accès à la nouvelle technologie mobile sans compromettre la sécurité, a dit le député libéral David Lametti, secrétaire parlementaire du ministre de l’Innovation.

Trois des partenaires du Canada dans le «Groupe des cinq», entité de partage de renseignements mieux connue sous le nom de «Five Eyes», — les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande — ont interdit l’utilisation des produits Huawei dans le développement du réseau 5G de leur pays.

M. Champagne estime que l’écoute des alliés fait partie du processus d’examen, mais précise qu’il fait pleinement confiance aux responsables du renseignement du Canada pour qu’ils fournissent les meilleurs conseils au gouvernement.

«Je pense que la prudence est la bonne approche lorsqu’il s’agit de problèmes de sécurité nationale complexes comme celui-ci, lorsqu’il s’agit de réseaux», a-t-il affirmé. «Le Canada est un pays accueillant pour les investisseurs, mais il est clair que notre sécurité nationale prime toujours.»

M. Champagne n’a pas voulu dire à quel moment la décision serait prise, faisant valoir que le processus est trop important pour que les responsables se précipitent et prennent des raccourcis.

Articles similaires