Tintin et le Québec
Le bédéiste Tristan Demers a lancé la semaine dernière le livre Tintin et le Québec, un livre qui se penche notamment sur la période de la révolution tranquille, une époque où Hergé, le père du célèbre reporter, a visité le Québec et a fait naître chez la Belle province de bien grandes ambitions. Métro s’est entretenu avec l’auteur.
Votre livre n’est ni une bande dessinée ni un essai historique. Comment le décririez-vous?
Comme un beau voyage dans le temps qui nous permet de voir à quel point Tintin a occupé une place importante dans un Québec en pleine effervescence culturelle, sociale et politique pour toute une génération. À travers des anecdotes et des moments importants de notre histoire, Tintin devient un peu un prétexte pour parler des barrages hydroélectriques, de l’Expo 67, des grands projets de l’ONF et de la littérature jeunesse.
À qui s’adresse ce livre? Aux tintinophiles ou aux gens intéressés par l’histoire du Québec?
Aux deux. Mais ce n’est pas un livre pour enfants. Il n’y a rien de pédagogique dans ce livre. Ça va chercher ces deux créneaux : le volet historique et celui de la BD. Au lancement du livre, il y avait les deux publics intéressés par ces créneaux et surtout, il y avait beaucoup de bébé-boumers.
Quel est le lien entre Tintin et le Québec des années 1960?
On voulait rayonner à l’extérieur en se collant au succès d’un personnage plutôt que de crier nos propres personnages. On voulait crier au monde qu’on existait et pour se faire, on a voulu séduire Hergé pour qu’il parle de nous dans ses livres, à travers les aventures de Tintin.
Hergé au Québec
C’est à l’occasion du Salon du livre d’avril 1965 que le Québec a pu accueillir Hergé. Une visite d’à peine 10 jours a amené le bédéiste à Montréal, puis à Québec et à la Manic où il a eu la chance de visiter le chantier de la Manic 5. «On lui montrait tout ce qu’on faisait pour qu’il voie ce qu’on devenait. On voulait l’impressionner», dit Tristan Demers. Cette opération charme n’aura finalement pas concrétisé les rêves des Québécois. «Hergé a été courtois et poli, il était content d’être ici, mais je ne crois pas qu’il n’ait songé à écrire une aventure de Tintin qui se déroulerait au Québec», note l’auteur.