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14:29 1 avril 2020 | mise à jour le: 1 avril 2020 à 15:01 temps de lecture: 4 minutes

Coronavirus: Justin Trudeau reconnaît que les mesures sanitaires pourraient durer encore «des mois»

Coronavirus: Justin Trudeau reconnaît que les mesures sanitaires pourraient durer encore «des mois»
Photo: Capture d'écranJustin Trudeau

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, n’a pas voulu s’avancer mercredi sur les différents scénarios analysés par son gouvernement concernant l’évolution de la pandémie du coronavirus. Il a toutefois reconnu que celle-ci pourrait affecter le quotidien des citoyens pendant encore «des mois».

Dans un document interne du gouvernement fédéral obtenu par le National Post, Ottawa indique que les mesures mises en place pour contenir la propagation du coronavirus pourraient demeurer en vigueur au moins jusqu’au mois de juillet.

Dans les dernières semaines, Ottawa a notamment procédé à la fermeture de ses frontières aux voyageurs américains en plus d’imposer une quarantaine obligatoire de 14 jours aux voyageurs. Plusieurs provinces, pour leur part, ont mis en place des mesures pour ordonner la fermeture temporaire des commerces non essentiels et limiter les rassemblements de citoyens.

Mercredi, lors de son point de presse quotidien, Justin Trudeau a reconnu que le quotidien des Canadiens pourrait être encore chamboulé pendant un bon moment.

«Nous avons souligné qu’il y a un éventail de scénarios que nous analysons et pour lesquels on est en train de se préparer. La situation pourrait durer des semaines ou peut-être des mois. Ça va dépendre comment les citoyens appliquent les mesures de distanciation sociale», a-t-il déclaré devant sa résidence du Rideau Hall, à Ottawa. 

«Le Canada n’a jamais connu ce type de mobilisation civile depuis la Seconde Guerre mondiale. Ces mesures historiques vont inciter les citoyens à rester à la maison pour combattre la crise du coronavirus.» -Justin Trudeau

Analyse des «pires scénarios»

Actuellement, le Canada répertorie 9489 cas de contamination au coronavirus, dont 105 décès. Des données qui représentent la situation au pays «il y a deux semaines», a précisé mercredi dans un point de presse subséquent l’administratrice en chef de la santé publique au Canada, la Dr Theresa Tam. Cette situation est reliée au fait que la période d’incubation du virus est d’environ 14 jours.

«On ne saura pas si on a atteint le sommet de l’épidémie tant qu’on ne l’aura pas passer», a-t-elle souligné.

«Quand on regarde la situation actuellement, on est en contrôle de la situation. Le pourcentage de décès tourne autour de 1%. Dans l’ensemble, le système est en contrôle. Mais quand on regarde les pires scénarios, on constate que le réseau de santé pourrait ne pas être sous contrôle», a-t-elle renchéri. 

Mme Tam a d’ailleurs de nouveau prié les citoyens à respecter les règles de distanciation sociale. Les personnes aînées doivent être particulièrement prudentes, puisqu’elles sont plus à risque d’être hospitalisées si elles attrapent le coronavirus, a-t-elle souligné.

«Le réseau de la santé n’a jamais été conçu pour une telle augmentation du nombre de cas, c’est ce que les Canadiens doivent comprendre. Ce virus est sournois, parfois les symptômes sont légers ou inexistants. C’est pourquoi que le respect de la distanciation sociale est essentiel», a également déclaré la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu. 

C’est d’ailleurs pour prévenir la concrétisation des pires scénarios analysés qu’Ottawa et les provinces ont mis en place plusieurs mesures dans les derniers jours pour limiter les contacts entre les citoyens, souligne le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos.

«Si on ne faisait rien, on se dirigerait vers un scénario catastrophique. Ce qui est vrai, aussi, c’est qu’on fait beaucoup de choses [pour éviter cette situation]», a-t-il dit. 

Manque d’équipements

Hier, le premier ministre du Québec, François Legault, a indiqué que la province pourrait manquer d’équipements de protection d’ici trois à sept jours. À cet égard, Justin Trudeau a assuré qu’Ottawa entend accroître l’approvisionnement à l’étranger. De nombreuses entreprises canadiennes ont par ailleurs adapté leur production pour répondre à cette demande du réseau de la santé.

«On va faire de notre mieux pour limiter les pénuries à travers le pays, mais il faut comprendre que c’est une situation extrêmement difficile», a dit M. Trudeau.

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