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05:00 8 janvier 2021 | mise à jour le: 8 janvier 2021 à 07:00 temps de lecture: 3 minutes

Vaccin: Québec pourrait attendre jusqu’à mars pour utiliser les deuxièmes doses

Vaccin: Québec pourrait attendre jusqu’à mars pour utiliser les deuxièmes doses
Photo: 123RF

Québec pourrait attendre au mois de mars pour administrer les deuxièmes doses du vaccin contre la COVID-19. Un délai beaucoup plus long que les recommandations du fabricant.

En point de presse, mercredi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a confirmé que c’est dans la deuxième semaine de mars que les premiers québécois pourront obtenir cette attendue deuxième dose. Pour certains, la période entre les deux rendez-vous pourrait donc atteindre trois mois.

C’est beaucoup plus que la période recommandée la veille par l’Organisation mondiale de la santé. Dans le cas du vaccin de Pfizer-BioNTech, celui qu’on retrouve en plus grande quantité au Québec, l’organisme onusien suggère une période de trois à quatre semaines entre les deux doses.

Le fabricant du vaccin, la compagnie pharmaceutique Pfizer, affirme qu’une efficacité de 95% est atteinte quand les deux doses sont administrées à trois semaines d’écart. La première dose générerait une efficacité moyenne de 52%

«On pourrait accélérer»

Le ministre Dubé a confirmé mercredi, en marge d’un point de presse sur le confinement, que les plans de Québec sont flexibles. Pour le moment, le ministère prévoit l’administration de 80 000 deuxièmes doses dans les trois dernières semaines de mars.

Rien n’exclut que le réseau accélère le rythme, affirme l’élu de La Prairie. «Le message au fédéral, c’est: si on en reçoit plus, on va pouvoir vacciner plus rapidement avec les deuxièmes doses», a signifié M. Dubé.

Selon l’experte en vaccination Helen Trottier, la stratégie du gouvernement provincial, qui consiste à vacciner le plus de gens possible avec de premières doses est «la chose à faire».

«On va avoir une plus grande immunité en vaccinant plus de gens avec une dose», souligne-t-elle.

D’après cette professeure agrégée de l’École de santé publique de Montréal, les études actuelles sur le vaccin de Pfizer ne permettent pas de prendre de recul sur ses données d’efficacité.

«La première dose d’un vaccin antiviral produit généralement une dose d’anticorps très, très élevée. […] Pfizer n’a jamais regardé l’efficacité de sa première dose après trois mois, seulement sur trois semaines. On ne le sait pas», analyse-t-elle.

Québec et Ottawa se renvoient la balle

Pour le moment, les gouvernements du Québec et du Canada renvoient chacun la responsabilité des délais dans l’opération vaccinale dans le camp de l’autre. Mercredi soir, sur Twitter, le leader parlementaire du gouvernement fédéral, Pablo Rodriguez, a soutenu que «près de 50 000 doses de vaccin dorment dans des congélateurs au Québec».

Dans les heures précédentes, le premier ministre du Québec, François Legault, avait rejeté le blâme sur ses homologues à Ottawa.

«Au lieu de faire la leçon aux provinces sur les normes dans les CHSLD et sur les vaccins, qu’il s’occupe de nous approvisionner plus rapidement», avait-il soulevé.

Jeudi, Québec a enregistré une journée record dans l’administration de doses, avec 9960 en 24h.

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