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Des chercheurs montréalais croient savoir pourquoi le variant anglais est plus contagieux

Une infirmière procède à un test de dépistage de la COVID-19 auprès d'un patient masculin.
Un citoyen en train de se faire tester dans une clinique de Pointe-Saint-Charles. Photo: Denis Germain/Métro

Des chercheurs de l’Université de Montréal (UdeM) auraient découvert pourquoi le variant anglais du coronavirus infecte plus de gens que le microbe d’origine.

Les trois experts montréalais, dont le professeur sous octroi agrégé Rafaël Najmanovich, ont fait connaître les résultats de leurs recherches sur la plateforme spécialisée en prépublications BioRvix. On y apprend que c’est la composition de ce nouveau variant qui lui permettrait de se multiplier plus facilement.

Le variant de la COVID-19 apparu au Royaume-Uni à la fin de l’année dernière a déjà atteint quelques Canadiens. Selon les données les plus récentes, son taux de reproduction se situerait autour de 1,5. Si 100 personnes contractent ce variant anglais, elles infecteront 150 personnes, et ainsi de suite.

Dans sa forme originale, le virus SARS-CoV-2 – qui engendre la COVID-19 – possède des spicules, les pointes de la couronne qu’on peut souvent voir sur les illustrations.

Ces spicules agissent comme des pinces: le virus s’en sert pour s’accrocher aux cellules humaines. Un peu comme les pièces d’un casse-tête, toutefois, il faut un récepteur complémentaire pour que le virus reste collé.

«C’est pour ça que ce virus est spécifique aux humains et à quelques animaux, mais ne va pas infecter votre chien», exemplifie la professeure au Département de chimie de l’UdeM Joelle Pelletier.

Or, les spicules ne restent pas constamment en position ouverte.

«Pour s’accrocher, la protéine spicule doit être en position ouverte, explique Rafaël Najmanovich. Avec le nouveau variant, ce qu’on a découvert, c’est que les spicules restent plus longtemps en étape ouverte.»

Des impacts sur le vaccin?

Si le nouveau variant anglais affecte le taux de reproduction de la maladie, il ne semble pas toucher l’intensité des symptômes de la maladie. Selon M. Najmanovich, il n’a pas non plus d’effet sur l’efficacité du vaccin contre la COVID-19.

«Les données qu’on a pour l’instant ne nous permettent pas de dire que le variant l’affecte», avance-t-il.

«Mais il y a un nouveau variant brésilien qui semble être plus apte à échapper à la réponse immunitaire», poursuit l’expert.

Le variant brésilien du coronavirus a fait son apparition plus récemment. Ce sont les autorités japonaises qui en ont fait la découverte. La recherche scientifique en sait encore très peu, hormis qu’il semblerait aussi se reproduire plus facilement.

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