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11:18 25 janvier 2021 | mise à jour le: 25 janvier 2021 à 16:48 temps de lecture: 4 minutes

Panier bleu: Québec lancera une plateforme d’achat local en ligne

Panier bleu: Québec lancera une plateforme d’achat local en ligne
Photo: Josie Desmarais/MétroLes magasins de détail doivent se tourner vers le commerce en ligne en raison de la pandémie.

Il ne tient pas à concurrencer avec les Amazon de ce monde, mais Québec s’apprête à parrainer son propre site Web transactionnel. Spécialisée dans les produits et les commerçants locaux, la plateforme doit naître à l’automne.

C’est ce qu’a annoncé lundi Alain Dumas, le directeur général du Panier bleu, un inventaire de commerce en ligne, qui menait depuis l’automne une étude du marché en ligne québécois. Lancé au printemps, l’organisme à but non lucratif a déposé lundi un rapport faisant état d’une cinquantaine de recommandations.

Le document, rédigé et préparé par près d’une centaine d’experts et entrepreneurs, propose de prime abord l’élaboration d’un site transactionnel québécois. Il est prévu que le projet, approuvé par le gouvernement de François Legault, aboutisse à l’automne 2021.

Ce site comportera un seul panier d’achat. C’est-à-dire que le consommateur pourra acheter les produits de plusieurs entrepreneurs différents à partir du même endroit. Un Amazon du Québec, donc? Pas exactement. Le rapport remis au gouvernement du Québec décourage fortement cette avenue.

«Le Québec ferait dramatiquement fausse route en tentant de créer un Amazon québécois», peut-on lire. C’est que les grands joueurs de la livraison occupent une trop grande part du marché en ligne, argue-t-on.

«Une fois que la marque et la domination des grands joueurs sont établies, il est très difficile pour les compagnies en émergence de croître», indique-t-on dans le rapport. Alain Dumas suggère plutôt de devenir «une alternative aux géants numériques mondiaux».

L’idée de faire du Panier bleu un site transactionnel avait précédemment été saupoudrée dans le discours du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon. Pour le moment, le site Web agissait plutôt comme un inventaire des produits et des commerces locaux québécois.

Des produits de toutes sortes

Rien ne dit si le Panier bleu abritera la future plateforme en ligne. Toujours est-il qu’on en connaît déjà le contenu. Elle abritera non seulement des produits québécois, mais aussi des produits de l’étranger vendus par des magasins québécois.

«Je pense qu’on n’a pas le choix. On ne peut pas tout faire au Québec», a commenté le ministre Fitzgibbon, qui participait lundi au point de presse.

D’ailleurs, aux yeux de M. Dumas, on se tirerait dans le pied à vouloir mettre sur pied un site spécialisé dans le «fait au Québec».

«Ce qui fait la force des géants numériques, c’est que les gens vont là et qu’ils trouvent de tout», a signifié M. Dumas.

«Si on ne fait que des produits québécois, on ne sera pas une alternative crédible. On ne sera qu’un à côté. On n’a pas le choix que de mettre des produits de tout acabit.» – Alain Dumas, directeur général du Panier bleu

Dans le contexte, le rapport colligé par le Panier bleu propose de créer un code de couleurs, lequel indiquera la provenance des produits sélectionnés par le consommateur.

Processus en cours

Québec lancera un appel d’offre dans les prochains mois dans le but de concrétiser le projet. Le ministre Fitzgibbon espère que la plateforme «donnera un nouvel élan à notre secteur du commerce de détail», fortement affecté par la pandémie.

Une première enveloppe de 900 000$ servira à développer le projet dans les trois prochains mois. S’il compte sur le privé pour mener le bal, M. Fitzgibbon n’exclut pas la participation du gouvernement.

«Le gouvernement doit être un facilitateur. Plusieurs millions de dollars vont être investis là-dedans si on va jusqu’au bout. L’idée c’est de faire entrer le privé le plus vite possible», a-t-il souligné.

Dans les trois prochains mois, le Panier bleu, Québec et Desjardins doivent procéder à l’analyse du projet. Ils en profiteront pour «déterminer sa gouvernance, développer un modèle financier viable et valider les technologies nécessaires».

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