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Dossier Camara: l’enquête critiquée, Québec la défend

Mamadi Camara
Mamadi Camara Photo: GoFundMe

L’enquête confiée au juge Louis Dionne pour faire la lumière sur l’arrestation erronée de Mamadi Camara n’est pas entamée qu’elle suscite déjà les critiques pour son «manque de transparence». La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, soutient «il faudra une bonne raison pour ne pas rendre public» le rapport final.

Mardi, Québec mandatait le juge Dionne afin qu’il étudie les circonstances de l’arrestation et de la détention de M. Camara par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Accusé à tort de tentative de meurtre envers un policier, le Montréalais a depuis été blanchi.

Or, le mandat de l’enquête fait craindre l’«opacité». L’avocate de Mamadi III Fara Camara, Virginie Dufresne-Lemire, s’inquiète même que le rapport final ne soit jamais rendu public.

C’est qu’en demandant au juge Dionne d’étudier l’affaire Camara, Geneviève Guilbault a annoncé que «le rapport pourra être rendu public, en tout ou en partie, dans la mesure où il sera possible de le faire sans nuire à une enquête policière ou à d’éventuelles poursuites judiciaires».

«Bonne raison»

En mêlée de presse mercredi, la ministre de la Sécurité publique a tenu à assurer la transparence des démarches à venir. «Je ne peux pas promettre d’emblée que tout sera public ne sachant quel sera le contexte judiciaire au moment du dépôt du rapport. Mais il nous faudra une bonne raison pour ne pas rendre publique une partie ou la totalité de ce rapport», a-t-elle signifié.

En matinée, les groupes d’oppositions à l’Assemblée nationale avaient pressé Québec de lever le voile sur l’enquête, en la tenant publiquement, par exemple.

«On exige et on espère qu’elle sera complète, qu’elle sera rapide et que l’on aura accès, a soutenu le porte-parole en matière de justice du Parti libéral, Marc Tanguay. Déjà, on nous a dit: le rapport va être rendu public en tout ou en partie. Bien, on a hâte de voir.»

Chez Québec solidaire, on exige de la vice-première ministre Guilbault qu’elle prête l’oreille à l’équipe juridique de Mamadi Camara.

«Nous, ce matin, on écoute et on aimerait que Mme Guilbault également écoute. M. Camara, à travers ses avocats, dit qu’il y a quelque chose de trop opaque dans la méthode qu’elle choisit, il y a quelque chose d’insatisfaisant», a affirmé le député solidaire d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc.

Motion refusée

M. Leduc a déposé mercredi une motion à l’Assemblée nationale demandant «au gouvernement de modifier son approche afin de rendre l’enquête conforme aux demandes de M. Fara Camara». Celle-ci exigeait aussi que Québec y attache un volet «profilage racial».

La Coalition avenir Québec s’est opposée à la motion.

En point de presse, plus tôt, Geneviève Guilbault avait maintenu qu’il était possible que le juge Dionne étudie les potentielles preuves de profilage.

«Le juge va mener l’enquête de la manière qu’il juge la plus appropriée. Et je pense qu’on peut se fier sur lui, là, pour évaluer l’ensemble des actions qui ont été prises par le SPVM», avait-elle martelé.

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