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Rona abolit 200 postes administratifs

Sylvain Larocque - La Presse Canadienne

BOUCHERVILLE, Qc – Dans l’espoir de redresser sa situation financière, Rona (TSX:RON) intensifie ses efforts de restructuration, ce qui se traduira par l’élimination de 200 postes administratifs, soit 15 pour cent du total.

Les emplois supprimés le seront principalement au siège social de Boucherville ainsi que dans les bureaux de Toronto, Calgary et Surrey (Colombie-Britannique). Aucune mise à pied n’est prévue dans le personnel de vente.

L’annonce de jeudi n’est pas la première du genre. En avril 2011, le détaillant spécialisé dans les matériaux de construction et les produits de jardinage avait licencié environ 150 employés administratifs. D’autres mises à pied avaient été effectuées l’été dernier.

Le président et chef de la direction par intérim de Rona, Dominique Boies, a cependant assuré que le plan dévoilé jeudi est plus substantiel que tous ceux mis en oeuvre au cours des dernières années.

«Les dernières fois, on a touché seulement des aspects superficiels, a-t-il soutenu au cours d’un entretien téléphonique. (…) Au début, je me disais moi-même ‘c’est vrai que ça fait un autre plan’, mais là on touche de façon fondamentale à l’exploitation de l’entreprise. On va toucher aux fonctions vitales pour un détaillant: le ‘merchandising’, le fonctionnement des magasins, la chaîne d’approvisionnement et ainsi de suite. C’est donc plus qu’un (pansement) Band-Aid qu’on met en place.»

Pour réduire ses coûts, Rona veut notamment diminuer le nombre de produits différents offerts dans ses magasins. Le détaillant compte aussi réviser les prix de nombreux produits — certains à la baisse, d’autres à la hausse — afin d’améliorer sa position concurrentielle.

Il s’agit de «simplifier le choix pour le consommateur», a fait valoir M. Boies, en soulignant par exemple que les quatre scies circulaires les plus vendues génèrent les trois quarts des revenus de cette catégorie. Or, on trouve plus de 40 modèles différents de scies circulaires dans les magasins Rona.

Pas question toutefois d’offrir une sélection moindre que chez Home Depot, le principal concurrent de Rona. Selon la direction, les magasins de la chaîne américaine proposent déjà moins de produits différents que Rona.

Le déploiement de la nouvelle stratégie sera particulièrement visible dans les 18 magasins Réno-Dépôt, qui ciblent principalement les professionnels. Graduellement, on réduira la sélection dans les catégories connexes — décoration intérieure, articles saisonniers, meubles de jardin, etc. — afin de proposer de plus grandes quantités des produits les plus en demande.

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Par ailleurs, Rona songe très sérieusement à vendre ses quelque 30 magasins à grande surface situés à l’extérieur du Québec en raison de leur rentabilité insuffisante. L’an dernier, l’entreprise avait déjà fait part de son intention de se départir de dix d’entre eux. Cinq magasins ont déjà été fermés en Ontario et en Alberta. Un sixième, situé à Halifax, le sera sous peu.

Le détaillant n’exclut pas de céder ces magasins au géant américain Lowe’s, qui a pourtant tenté de l’acquérir pour 1,76 milliard $ l’an dernier. La direction entend prendre une décision dans ce dossier d’ici la fin de l’année.

«Quel est l’impact de vendre ces magasins-là à un compétiteur? Ça peut être positif comme ça peut être négatif dans certains marchés, donc il n’y a aucun des scénarios qui est éliminé à ce moment-ci», a dit Dominique Boies.

Pour ce qui est de l’identité de celui qui succédera à Robert Dutton, qui a dirigé Rona pendant 20 ans avant d’être remercié l’automne dernier, elle devrait être connue «bientôt», a assuré jeudi le président du conseil d’administration de l’entreprise, Robert Chevrier.

Plus tôt ce mois-ci, M. Chevrier a affirmé avoir du mal à trouver un candidat de qualité maîtrisant le français. M. Boies a toutefois confié jeudi qu’il croyait toujours être sur les rangs pour le poste.

Une chose est sûre: le nouveau PDG devra accepter d’appliquer le plan de restructuration annoncé jeudi. «Le train a quitté la gare», a illustré Dominique Boies lors d’une téléconférence avec les analystes financiers.

Le plan, qui coûtera environ 25 millions $ à mettre en place, doit entraîner une augmentation de 35 à 45 millions $ du bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) d’ici deux ans. Les économies seront réinvesties dans les secteurs jugés les plus prometteurs.

Résultats

Au quatrième trimestre, qui a pris fin le 30 décembre, Rona a subi une perte nette de 17,9 millions $ (15 cents par action), une amélioration marquée par rapport à la perte nette de 153,6 millions $ (1,19 $ par action) épongée un an plus tôt.

En excluant les éléments exceptionnels, le bénéfice par action a atteint cinq cents, bien loin des 14 cents que les analystes financiers attendaient.

Les revenus trimestriels ont atteint 1,2 milliard $, en hausse de 2,2 pour cent. L’augmentation s’explique principalement par la comptabilisation d’une semaine de plus par rapport à 2011, la croissance de plus de 10 pour cent des ventes dans le secteur commercial et l’ouverture de nouveaux magasins de proximité.

Les ventes des magasins ouverts depuis au moins un an étaient en hausse de 2,9 pour cent _ de 0,2 pour cent en excluant l’effet de la 14e semaine.

Pour l’ensemble de 2012, Rona affiche des profits nets de 8 millions $ (sept cents par action). En 2011, le détaillant avait subi une perte nette de 86,4 millions $ (66 cents par action) en raison notamment de radiation d’actifs et de frais de restructuration.

Les ventes de Rona ont totalisé 4,9 milliards $ en 2012, en hausse de 1,7 pour cent.

Rona est le plus important détaillant canadien de produits de quincaillerie, de rénovation et de jardinage. Il exploite plus de 800 magasins et 14 centres de distribution et emploie près de 30 000 personnes.

L’action de Rona a perdu 3,8 pour cent jeudi pour clôturer à 11,60 $, à la Bourse de Toronto.

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