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11:31 16 avril 2021 | mise à jour le: 16 avril 2021 à 11:32 temps de lecture: 3 minutes

Fronde contre les «radios-poubelles» et les médias «toxiques»

Fronde contre les «radios-poubelles» et les médias «toxiques»
Photo: Karine Dufour/Radio-CanadaCatherine Dorion

Le monde des médias a plusieurs visages, certains plus «toxiques» que d’autres, selon Catherine Dorion. L’élue de Québec solidaire est derrière une fronde, menée en compagnie de plusieurs personnalités politiques, pour s’attaquer aux propos haineux dans l’espace médiatique.

«Il se trouve qu’il y a une petite portion d’individus qui oeuvrent dans nos médias qui violent sciemment et de façon répétée les lignes de conduites qui font la fierté et la crédibilité du milieu médiatique québécois», a lancé vendredi la députée de Taschereau, qui participait au lancement du collectif «Liberté d’oppression».

L’initiative prend la forme d’une pétition, déjà signée par le député fédéral libéral Joël Lightbound, par le cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, et par l’auteure-compositrice-interprète Safia Nolin, notamment.

Le collectif ne nomme aucun nom, aucun média. Or, les références ne manquaient pas, vendredi.

«Quand quelqu’un a inscrit la croix gammée sur les murs de la Grande mosquée, on ne comptait plus les radios-poubelles qui criaient: il n’y a rien là, pourquoi ils s’énervent?», a relaté M. Benabdallah devant les médias, vendredi.

L’expert en sécurité et cosignataire du collectif Michel Juneau-Katsuya croit que la tuerie de la Grande mosquée n’est pas apparue à partir du vide. «Ce qui a été fait par un seul individu représentait aussi un peu l’opinion de certains autres, qui a été promue par une désinformation constante au cours des années», a-t-il exemplifié.

Un climat repoussant?

Comme personnalité politique, Catherine Dorion convient avoir été victime de plusieurs attaques au cours des années. «Moi j’ai une grosse carapace, moi je suis capable de me défendre. Mais est-ce que c’est le cas de tous?», a-t-elle signifié.

Co-signataire du collectif, le député fédéral de Louis-Hébert, Joël Lightbound, a même constaté une hésitation chez certains à se lancer en politique, en raison du climat actuel.

«On se dirige vers des élections municipales, peut-être même fédérales, sait-on jamais. On essaie de recruter des candidats et candidates, et on a toute la misère du monde parce que personne veut aller s’exposer à ce genre de traitement.» – Joël Lightbound, député libéral fédéral

Dans les dernières semaines, plusieurs élus municipaux montréalais ont refusé de se relancer dans la course. Certains ont évoqué un climat ambiant trop étouffant. C’est le cas du maire de Verdun, Jean-François Parenteau, qui annonçait à la mi-mars son retrait de la vie politique à quelques mois des élections.

«Les attaques personnelles et les commentaires gratuits ont fini par m’atteindre», écrivait-il sur sa page Facebook.

«Prise de conscience»

Le collectif «Liberté d’oppression» souhaite générer une «prise de conscience» dans la population québécoise. Le «ras-le-bol» existe, et partout, croit-elle.

Interrogé sur la capacité du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications (CRTC) à limiter ces discours dans des «médias toxiques», Joël Lightbound a convenu vendredi que ses pouvoirs pourraient être agrandis.

«Quand on regarde l’arsenal d’outils dont dispose le CRTC – la réprimande et l’arme nucléaire, soit de retirer une émission – c’est peut-être limité. On pourrait l’améliorer, c’est une discussion à poursuivre», a-t-il évoqué.

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