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Joyce Echaquan: chronologie des évènements qui ont ébranlé le Québec

Joyce Echaquan
Joyce Echaquan Photo: Image tirée de Facebook

Un an s’est écoulé depuis le tragique décès d’une mère atikamekw à l’hôpital de Joliette. Les images filmées en direct par la femme autochtone en détresse, témoignant du comportement raciste du personnel soignant, ont fait le tour du Québec, voire même du monde. Retour sur la chronologie des événements depuis le décès de Joyce Echaquan.

Arrivée à l’hôpital de Joliette

Le 26 septembre 2020 à 23h, Joyce Echaquan arrive aux urgences de l’hôpital de Joliette en ambulance pour des douleurs aiguës au ventre. Ces maux de ventre persistaient depuis près de plusieurs semaines. 

Ce n’est pas le premier séjour de Joyce au Centre hospitalier régional de Lanaudière. Elle l’avait d’ailleurs visité un mois auparavant, mais évitait le plus possible d’y aller puisqu’elle avait peur, ont témoigné ses proches. 

La femme atikamekw passe la journée du 27 septembre 2020 à l’hôpital. Elle devait passer une coloscopie le lendemain, prescrite par le gastro-entérologue Jean-Philippe Blais. Ce dernier demande également une consultation avec le Centre de réadaptation en dépendance puisque l’état de la patiente lui rappelle «un état de sevrage, un manque de médicaments». 

La vidéo diffusée en direct

Autour de 10h30 le 28 septembre 2020, Joyce Echaquan commence sa vidéo diffusée en direct sur sa page Facebook. On l’entend appeler au secours dans sa langue atikamekw alors qu’une infirmière et une préposée aux bénéficiaires l’insultent avant de lui enlever son cellulaire. 

La vidéo est supprimée par le personnel soignant. Mais les proches de Joyce en avaient enregistré une copie.

Décès de Joyce Echaquan

Moins de deux heures plus tard, on envoie la patiente en réanimation. Il est trop tard: son décès est déclaré autour de 12h45. 

La vidéo, rediffusée sur Facebook par des proches de Joyce, fait le tour du web le 28 septembre 2020. Les images troublantes sèment la consternation et l’indignation au Québec.

Le lendemain, une veillée aux chandelles est organisée. Une foule d’environ 400 personnes se réunie pour dénoncer le racisme en marchant jusqu’au Centre hospitalier de Joliette. «Justice pour Joyce», scandent-ils.

Deux employées renvoyées

Le 29 septembre 2020, le CISSS de Lanaudière confirme qu’une infirmière qui a tenu des propos racistes a été congédiée. 

Deux jours plus tard, le 1er octobre 2020, le CISSS de Lanaudière confirme que l’autre employée que l’on entend tenir des propos dégradants dans la vidéo a aussi été congédiée. Il s’agit d’une préposée aux bénéficiaires. 

Annonce d’une enquête du coroner

Après que la famille Echaquan l’ait réclamé la veille, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, annonce le 3 octobre 2020 la tenue d’une enquête publique du coroner visant à élucider les causes et les circonstances entourant la mort de Joyce Echaquan. 

Le même jour, une manifestation en mémoire de la femme autochtone réunit plusieurs milliers de personnes à Montréal. 

Rencontre entre les chefs atikamekws et François Legault

Le 5 octobre 2020, le premier ministre du Québec, François Legault, rencontre les représentants des communautés atikamekws durant laquelle ces derniers font part à l’élu de leurs recommandations.

Au terme de cette réunion, le Grand Chef de la Nation atikamekw, Constant Awashish, affirme que François Legault refusait toujours d’admettre la présence de racisme systémique au Québec.

Legault présente ses excuses

Le 6 octobre 2020, le premier ministre François Legault présente ses excuses officielles à la famille de Joyce Echaquan.

Un nouveau ministre des affaires autochtones

Le 9 octobre 2020, Québec nomme Ian Lafrenière comme ministre responsable des Affaires autochtones, en remplacement de Sylvie D’Amours. Selon plusieurs Autochtones, Québec aurait dû nommer une personne autochtone. 

Dépôt du Principe de Joyce

Le 16 novembre 2020, le conseil des Atikamekw de Manawan (CDAM) et le conseil de la Nation atikamekw (CNA) déposent le mémoire du «Principe de Joyce» aux gouvernements du Québec et du Canada. 

Les Atikamekws souhaitent que le Principe de Joyce soit adopté afin de faire valoir les droits des Autochtones en matière de santé et de services sociaux. 

Si le gouvernement fédéral accepte d’adopter le principe, Québec refuse puisqu’il commande d’emblée une admission de l’existence du racisme systémique.

Le 10 février 2021, Ottawa accorde 2 M$ aux Atikamekws pour concrétiser le «Principe de Joyce».

Enquête du coroner

Le 13 mai 2021, les audiences publiques portant sur la mort de Joyce Echaquan débutent au palais de justice de Trois-Rivières. 

Selon deux médecins, elle est décédée d’un œdème pulmonaire, potentiellement lié à une maladie cardiaque rare, apprend-on. 

Toutefois, l’urgentologue Alain Vadeboncoeur déclare que sa mort aurait pu être évitée. Pour le Dr Vadeboncoeur, c’est «la perception de l’urgence» qui est en cause. 

Les notes prises par le personnel de santé indiquent que Mme Echaquan était «calme», sauf que le professeur soupçonne un coma et une urgence prise en retard.

Au terme des audiences, le 2 juin 2021, 2000 personnes marchent dans les rues de Trois-Rivières en réclamant «Justice pour Joyce».

L’OIIQ reconnaît le racisme systémique 

Le 14 juillet 2020, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) reconnaît l’existence de racisme systémique, particulièrement à l’endroit des Premières Nations et des Inuits.

L’infirmière admet sa culpabilité

Le 16 août 2020, l’infirmière congédiée pour avoir insulté Joyce Echaquan reconnait sa culpabilité à deux chefs disciplinaires, lors d’une audience du Conseil de discipline de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.

Manifestations prévues aujourd’hui

Le 28 septembre, des manifestations sont prévues partout au Québec pour souligner l’anniversaire du décès de Joyce Echaquan. Le conjoint de Joyce, Carol Dubé, participera à l’événement de Montréal.

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