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Des antivax veulent contourner le passeport vaccinal avec une application

Chantal Fournier et Christian Pelletier sont les fondateurs de l'application «Les Amis Du Québec». Photo: Capture d'écran

Alors que le gouvernement du Québec s’apprête à interdire l’accès aux magasins à grande surface (1500 m2 et plus) pour les personnes non vaccinées à compter du 24 janvier, des antivax ont lancé une application pour contourner le passeport vaccinal.

Christian Pelletier, qui a l’habitude de se filmer à l’épicerie sans masque, et sa conjointe, Chantal Fournier, se positionnent tous les deux contre le vaccin et affirment ne pas avoir pas été inoculés contre la COVID-19. 

Le couple a créé l’application «Les Amis Du Québec» il y a quelques mois. Ils l’ont dévoilée à leurs réseaux le 9 janvier, dans une vidéo partagée sur leurs profils Facebook. L’application liste des commerces qui ne demandent pas le passeport sanitaire à leurs clients. 

On n’a pas à aller chez des gens qui ne veulent pas qu’on passe leurs portes. On passe des portes amis où ils veulent qu’on passe les portes.

Christian Pelletier, antivax

En effet, si une entreprise exigeant le code QR venait à s’inscrire sur l’application, «elle se verrait, aussitôt signalée, supprimée de la plate-forme d’échange», peut-on lire sur le site internet d’Achète-Québec, fondé par Christian Pelletier et Chantal Fournier. 

Commerces et institutions antivax à Montréal

À Montréal, quelques endroits sont identifiés dans l’application Amis du Québec, notamment l’Église Nouvelle création (6956, Saint-Denis), Radio-Québec (C.P. 32017 Saint-André), LUX MÉDIA (8815, avenue du Parc et 2097, rue Viau) et Les Savons Evy (3460, 39e Avenue).

Il semble toutefois y avoir un flou entourant les commerces qui n’offrent pas de services en présentiel durant la pandémie. En effet, si une entreprise d’imprimerie est affichée dans l’application, le propriétaire affirme ne s’être jamais inscrit ni même avoir entendu parler des Amis du Québec. «De plus, nous sommes une entreprise en ligne qui a cessé de prendre des rendez-vous ou des ramassages depuis le début de [la pandémie de COVID-19]», précise-t-il par courriel.

Dans la ville de Québec, on retrouve deux endroits inscrits. Il s’agit de la Fondation pour La Défense des droits et libertés du peuple (307, avenue des Hôtels) et du kinésithérapeute David Drolet (2860, chemin des Quatre-Bourgeois).

Ce dernier a répondu au courriel de Métro en confirmant s’être inscrit aux Amis du Québec «simplement parce qu’un dossier médical c’est supposé être confidentiel et toute discrimination est inacceptable à mes yeux». M. Drolet mentionne également refuser «d’être complice d’une ségrégation orchestrée et alimentée par le gouvernement et les médias».

Les autres commerces n’ont pas répondu aux demandes de Métro.

Réactions des autorités

Appelé à réagir, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) rappelle seulement que, pour le moment, le décret de la Loi sur la santé publique permet aux policiers de remettre des rapports d’infraction généraux aux commerçants si les règles ne sont pas respectées en matière de port du masque, de fermeture (comme les salles à manger ou les bars), de capacité maximale et d’accès à certains endroits où le passeport vaccinal est requis. 

De son côté, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) indique n’avoir reçu aucun signalement ou plainte concernant l’application. Pour des raisons évidentes de confidentialité, le corps policier n’a pas pu préciser si une personne morale ou physique est visée par une enquête à ce sujet.

«Toute personne témoin d’une situation de non-respect des mesures sanitaires peut la signaler en ligne sur notre site Web. Les signalements sont par la suite traités, selon les priorités d’urgence du Service», précise également la porte-parole du SPVM Anik de Repentigny.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux rappelle que, à compter du 24 janvier 2022, le passeport vaccinal sera requis pour entrer dans les commerces dont la superficie est supérieure à 1500 m2, à l’exception de ceux dont l’activité principale est la vente de produits d’épicerie ou de pharmacie.

«Les commerces concernés sont tenus de respecter ces règles, sans quoi des sanctions pourraient s’appliquer. À noter d’ailleurs que les directions de santé publique régionales peuvent émettre une ordonnance de fermeture aux commerces contrevenant aux mesures en place», ajoute la porte-parole Laura Fitzback.

Ni la Santé publique ni l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal n’ont souhaité émettre de commentaire à ce sujet.

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