Propos d'hiver…
Imaginez cette situation. Un bon matin, vous apprenez que celui qui accorde les plus belles attentions à votre vieille mère dans sa résidence pour personnes âgées est un ex-détenu qui aurait, de surcroît, plus d’une dizaine de meurtres sur la conscience. Quelle serait votre réaction?
Première question : le gars a-t-il purgé sa peine et remboursé sa dette à la société? La réponse : oui. Deuxième question : le gars a-t-il retrouvé le droit chemin et fait une bonne provision de belles valeurs quand il était derrière les barreaux? Autre réponse : manifestement, oui. Alors, il est où, le problème? Surtout que plusieurs pensionnaires et autres travailleurs de l’endroit ont pris la peine d’écrire des lettres d’appui sans équivoque pour exprimer leur solidarité avec l’ancien Hells devenu un bon monsieur.
On jasait de ça à la maison en fin de semaine, et la discussion a pris une drôle de tournure…
«Moi, je suis fier de vivre dans une société qui croit en la réhabilitation des criminels. Tout le monde a droit à une deuxième chance, non?
– Alors, pourquoi on n’a pas voulu donner une deuxième chance à Bertrand Cantat?
– Euh… C’est pas pareil.
– Non? C’est quoi la différence?
– Euuuuuuhhhhhh, ben c’est pas pareil, bon!
– Continue à penser à ça et tu m’expliqueras ça une bonne fois…»
Depuis dimanche, j’y réfléchis. Quelqu’un pourrait m’aider?
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Dans le cadre de la rubrique «Mais qu’est-ce qu’il vient de dire là, lui?», on citera cette semaine François Pérusse lors de son passage à Tout le monde en parle. Après avoir raconté qu’il avait eu le privilège unique de fouiller dans les voûtes des Beatles pour réaliser la trame parlée du spectacle Love du Cirque du Soleil, il a ajouté en conclusion que ce travail ne lui avait apporté «aucune retombée». Question bourrée d’envie de la part de l’auteur de cette chronique : dis, M. Pérusse, ça te prend quoi donc pour être heureux?
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Une fois de temps en temps, en jouant de la manette, je m’enfarge sur TVA-Sports. Habituellement, je tombe sur un show de chaises. Et chaque fois, c’est pour assister au même festival des smattes à l’argumentation aussi profonde qu’un dé à coudre. Tant d’heures d’antenne consacrées à tant de «dans-mon-livre-à-moé». Était-ce pour ça que nous avions tant besoin d’une nouvelle chaîne sportive?
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Pendant que nous y sommes, j’ai beau adorer Max Pacioretty, le joueur qui marque des buts, je m’explique bien mal comment il a pu être aussi vicieux à l’endroit de Kristopher Letang, des Penguins, l’autre soir au Centre Bell. De la part d’un gars qui a failli se faire tuer dans des circonstances semblables l’an passé, c’est incompréhensible. Et surtout, tellement pas brillant…
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.