Les intervenants des CJE réclament de meilleures conditions de travail
Les intervenants des Carrefours jeunesse Emploi (CJE) lancent un cri d’alarme. Ils dénoncent leurs conditions de travail qui sont, selon eux, à l’origine d’un important roulement de personnel.
«On demande un redressement des salaires et des avantages sociaux plus concurrentiels», a expliqué l’agent de migration du CJE Rimouski-Neigette, Martin Poirier. Il est l’un des porte-parole de la campagne d’information CJE Unissons nos voix, qui sera lancée lundi en fin de journée à Montréal, avec la Fédération des professionnels de la CSN.
Les quelque 1200 intervenants des 111 CJE, qui sont pour la plupart des bacheliers en travail social, en psychologie et en sociologie, gagnent jusqu’à 40% de moins que leurs équivalents dans le secteur public.
Les CJE ont le statut d’organisme à but non-lucratif. À chaque année, ils reçoivent une enveloppe budgétaire du gouvernement du Québec pour aider les jeunes à trouver du travail et à seconder les entreprises qui peinent à recruter de la main d’œuvre. Leurs employés ne sont pas des fonctionnaires. Leurs conditions de travail ne sont donc pas dictées par les conventions collectives du secteur public.
«Ce sont les directions, avec les conseils d’administration, qui décident à la pièce s’ils augmentent l’adjointe administrative ou s’ils engagent des conseillères en emploi près du salaire minimum, a mentionné M. Poirier. C’est un peu la pluie et le beau temps qui se fait avec les enveloppes. La seule chose qui est fixe, c’est le financement des projets.»
Dans un CJE que Martin Poirier n’a pas voulu identifier, 11 employés sur 14 ont décidé de changer d’emploi au cours de la dernière année. «Les CJE sont considérés comme un tremplin vers de nouveaux défis et ou une pépinière de jeunes professionnels», a-t-il mentionné.
Pour remédier à la situation, les intervenants demandent au gouvernement du Québec de bonifier le financement des CJE afin que leur direction puisse améliorer leurs conditions de travail. «On se fie à la bonne foi des directions», a précisé Martin Poirier. Des discussions ont d’ailleurs été entamées entre Québec et le Réseau des Carrefours jeunesse emploi du Québec au sujet du financement de ces derniers.
Métro a tenté de parler à des directions de CJE pour savoir si l’amélioration des conditions de travail de leurs employés fait partie de leur priorité advenant un rehaussement de leur enveloppe budgétaire. Aucune n’a accepté de répondre aux questions de Métro.
Le cabinet de la ministre de l’Emploi, Agnès Maltais, n’a pas non plus retourné l’appel de Métro.