Svend Robinson garde espoir
Premier député fédéral ouvertement homosexuel, Svend Robinson a passé le plus clair des dernières décennies à lutter pour le droits de la communauté gaie. Quelques heures avant de recevoir le Grand prix du Conseil québécois des gais et lesbiennes (CQGL), prix qui lui sera remis ce soir au cours du Gala du Conseil, M. Robinson a rencontré Métro afin de discuter de la situation de la communauté homosexuelle, pour qui les défis sont loin d’avoir été tous relevés, mais chez qui l’espoir demeure.
Qu’est-ce que le Grand prix qui vous sera remis ce soir représente pour vous?
C’est un très grand honneur qui me touche beaucoup. La communauté LGBT [NDLR : lesbiennes, gais, bisexuels et transsexuels] québécoise a toujours été très respectée au Canada. Le Québec a été la première province à interdire, en 1976, la discrimination faite envers les homosexuels et a été la première province à faire respecter ses droits. Déjà, quand j’étais député, j’appréciais le leadership du Québec dans le dossier des droits des homosexuels. Recevoir un prix au Québec est donc très touchant.
La situation des gais et lesbiennes s’est-elle améliorée dans les dernières années?
La situation s’est beaucoup améliorée depuis 1988. Il y a 21 ans, quand je suis sorti du placard, il y avait très peu de personnalités publiques gaies ou lesbiennes. Les homosexuels pouvaient perdre leur emploi et même leur demeure si leur employeur ou leur propriétaire en décidait ainsi. Tout ça a beaucoup changé. La discrimination est maintenant illégale, et les mentalités ne sont plus les mêmes. Mais il reste des défis importants. Il est encore très difficile pour un jeune de sortir du placard. C’est encore plus difficile dans les communautés rurales. Le taux de suicide et le nombre de tentatives de suicide sont beaucoup plus élevés chez les jeunes homosexuels que chez les hétérosexuels.
Croyez-vous qu’un jour, la discrimination aura été entièrement enrayée?
Il y a eu des progrès importants au Québec et au Canada, mais il faut se rappeler que, dans le monde, 80 pays considèrent encore l’homosexualité comme quelque chose de criminel. Et dans sept pays, l’homosexualité est passible de la peine de mort. […] Ce qui me donne de l’espoir, par contre, c’est que les jeunes ne considèrent pas la diversité sexuelle comme une menace. Pour eux, c’est une situation normale. Comme ces jeunes sont nos leaders de demain, il y a de l’espoir.