Soutenez

Tel est pris qui croyait prendre?

Après les tergiversations estivales de Marc Bellemare, on pensait bien que la commission Bastarache serait un pétard mouillé.

C’est sûrement ce que souhaitait Jean Charest. Il devait rêver secrètement que son ancien ministre de la Justice poursuive sur sa lancée et ne dise rien, bref, qu’il se discrédite totalement aux yeux de l’opinion publique.

Au contraire, la prestation de l’ex-ministre de la Justice est solide. Il dit tout avec détails. À un point tel que la première journée a donné lieu à une sortie impromptue du premier ministre. Contrairement aux consignes du juge Bastarache et à la discipline qu’il s’était imposée depuis qu’il a créé la commission, Jean Charest a commenté. Preuve que les dommages pressentis étaient suffisamment importants  pour poser un geste de panique et répliquer sur-le-champ.

En créant la commission Bastarache, Jean Charest pensait faire diversion, amener l’opinion publique ailleurs. Il voulait prouver qu’il pouvait agir et qu’il allait agir. Après deux jours, on voit bien que ce n’est ni la bonne commission ni le bon mandat. Le mandat est tellement étroit qu’il est impossible d’aborder les question de financement des partis politiques. Il est encore moins permis de prononcer le mot construction. Le malaise devient particulièrement palpable chaque fois que l’avocate du gouvernement se lève pour empêcher que ce mot honni soit prononcé. Après tout, la population veut savoir si les financiers ont une influence sur les décisions du gouvernement.

En suspendant ses travaux jusqu’à lundi, la commission permet à ses procureurs, et à ceux du premier ministre, d’effectuer une retraite stratégique. Ils profiteront des prochains jours pour préparer leurs contre-interrogatoires et raffiner leur angle d’attaque.

Il est encore trop tôt pour dire si le chef libéral paiera le prix d’avoir déclenché la mauvaise commission avec un mandat taillé sur mesure par lui et pour lui. Même s’il reste encore plusieurs témoins à entendre, Jean Charest s’attend maintenant à ce que ses procureurs taillent en pièces la crédibilité de Marc Bellemare dès lundi. S’ils en sont incapables, on pourra répéter l’adage «tel est pris qui croyait prendre.»

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.