Encore 6 ans?
L’été nous réserve souvent de bien drôles de surprises. Après avoir effectué deux ans à peine de son troisième mandat, Jean Charest dit vouloir en solliciter un quatrième. Il a fait cette déclaration à un média anglophone, en ajoutant être en faveur de l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta.
Tout en prenant bonne note de la volte-face du gouvernement du Québec en matière d’environnement, la question suivante nous vient rapidement en tête : sommes-nous prêts pour encore six ans de gouvernement libéral? La question se pose, surtout après la session parlementaire que l’on vient de connaître…
Avant de faire des plans à long terme, le premier ministre devrait regarder sous son nez. Il y a beaucoup de pain sur la planche pour regagner la confiance des citoyens québécois. Avec un taux d’insatisfaction de près de 80 %, le travail semble colossal.
La dernière session parlementaire a été l’occasion de biens des disgrâces. Le ton employé à l’Assemblée nationale en a désolé plus d’un. Il est clair que M. Charest aime le débat politique, et on a même dit que c’est durant les campagnes électorales qu’il est à son meilleur. Toutefois, avant de penser prendre ce chemin, il doit mettre la maison en ordre, ne serait-ce que pour améliorer son nom sur le marché international, où plusieurs le voient poursuivre sa carrière.
Les allusions à propos du financement du PLQ continuent d’alimenter les nouvelles. La commission Bastarache a à peine débuté qu’elle connaît des ratés. Ces jours-ci, le chef libéral est même devant les tribunaux pour faire taire son ex-ministre de la Justice, Marc Bellemare.
Il est vrai que quelques mois sont une éternité en politique. Toutefois, avant de penser à une candidature en 2012, Jean Charest doit s’assurer que toutes les histoires autour de son gouvernement ne laisseront pas de traces indélébiles. Quelques mois avant de prendre la tête du Parti libéral, en 1998, Jean Charest avait dit ne pas vouloir faire le saut. Pourtant, quelques mois plus tard, il prenait la relève de Daniel Johnson. Et si l’histoire se répétait, mais cette fois en sens inverse… Il est vrai que, cette fois, si la tendance se maintient, on entendra des militants libéraux songer à nouveau à un remplaçant…
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.