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Premier de classe

Autrefois, les classes du primaire du Québec étaient formées de «bollés», de tannants, d’excentriques, de «nerds». Aujourd’hui ce sont des TDH, des hyperactifs, des doués, des surdoués et des ordinaires.

La science fait en sorte que nous sommes à même de nommer bien des comportements, des états. Si ces percées permettent de diagnostiquer et d’agir tôt, elles ont aussi comme effet pervers de cataloguer rapidement. À Montréal, 27 % des élèves seraient identifiés comme ayant des difficultés.

Dans ce cocktail de diagnostics, il n’est donc pas simple de savoir  qui pourra suivre le rythme de l’apprentissage, retarder le groupe ou encore inspirer au dépassement. Le jugement ne doit pas tomber comme un couperet. Chaque cas est unique et c’est bien ça le problème. 

Dans les défis de l’intégration, il y a celui d’assurer que les jeunes se retrouvent dans le bon milieu de vie. L’intégration à tout prix n’est pas la bonne solution, non plus les cheminements particuliers à la moindre différence.

Le système de l’éducation doit avoir la souplesse nécessaire pour s’adapter. Il n’y a pas de solutions magiques, mais tout le monde doit mettre l’épaule à la roue pour arriver à développer pleinement le potentiel des jeunes du Québec. Pour bien des parents, l’intégration est un gage de «normalité», mais il faut admettre que tous les parcours ne sont pas linéaires. Il faut parfois prendre un certain recul pour mieux sauter. Il est toutefois nécessaire que le système et la société ne stigmatisent pas les enfants et acceptent que chacun puisse avoir son propre cheminement.

Dans le cadre de la rencontre de discussion sur l’intégration, Line Beauchamp a envoyé un message clair : il faut de l’ouverture d’esprit, mais surtout il faut agir. C’est une bonne nouvelle, car c’est ce qui fera la différence. Il n’y a pas de vaches sacrées pas plus au privé qu’au public.

L’intégration n’est pas synonyme de nivellement par le bas. Au contraire, il s’agit de développer le plein potentiel de chacun. La réussite scolaire est synonyme de dépassement et d’efforts. Pour certains, l’accomplissement réside dans l’acquisition des connaissances.  Pour d’autres, cela se traduit par le développement d’habiletés sociales.

Finalement, dans ce débat comme dans celui du décrochage, il faut garder en tête que l’essentiel consiste à développer le plein potentiel des jeunes et qu’il y a différentes façons d’être un premier de classe. Si ça semble un peu bête et simple, cela représente pourtant la base même d’une société et de son avenir.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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