Hydro-Québec devra baisser ses tarifs
La Régie de l’énergie ordonne à Hydro-Québec d’abaisser ses tarifs de
0,4 pour cent pour l’année 2011-2012, qui commence le 1er avril
prochain.
La société d’État avait demandé un maintien de ses prix à leur niveau
actuel, puisqu’elle ne pouvait justifier une hausse. Elle s’est
néanmoins dite satisfaite de la décision rendue publique mercredi, et
qui permettra à un ménage québécois moyen d’économiser environ 5 $ par
année.
« Cette baisse reflète les gains d’efficience réalisés par Hydro-Québec
Distribution au cours de la dernière année, de même que la réduction des
taux d’intérêt constatée », a fait valoir le porte-parole de la société
d’État, Guy Litalien.
Hydro pourra dépenser 261 millions $ pour son Plan global en efficacité
énergétique 2011, en plus des 861,5 millions $ nécessaires pour
entretenir ses actifs et répondre à la croissance de la demande.
La Régie demande entre autres à Hydro d’encourager les projets de
géothermie, et d’entreprendre un projet pilote pour les pompes à chaleur
efficaces et les pompes à chaleur pour climat froid.
C’est la première fois depuis 2003 que la Régie n’autorise pas de hausse
des tarifs d’électricité. En huit ans, la facture des Québécois a bondi
de plus de 17 pour cent. Les baisses de tarifs ne sont toutefois pas
rares chez Gaz Métro, qui est elle aussi réglementée par la Régie de
l’énergie.
La nouvelle a été bien accueillie par l’Union des consommateurs, qui en
arrivait exactement aux mêmes conclusions que la Régie de l’énergie
après avoir pris connaissance des chiffres fournis par Hydro-Québec.
Pour le porte-parole Charles Tanguay, cette décision démontre que les
augmentations successives ne sont pas « inéluctables ». « On n’a rien
contre les hausses de tarifs quand elles sont justifiées, mais quand il
n’y a pas de justifications, on est en droit de demander des baisses
aussi », a-t-il souligné.
Pour lui, il s’agit d' »un baume symbolique » sur le portefeuille des
Québécois, alors que tout augmente, y compris le prix de l’essence et
celui des aliments.
Le répit pourrait toutefois n’être que de courte durée puisque le
ministre des Finances, Raymond Bachand, a annoncé l’an dernier que le
tarif du bloc patrimonial, fixé à 2,79 cents le kilowattheure depuis
2000, augmenterait graduellement à partir de 2014.
Selon le ministre, cette hausse se traduira pour l’État par des revenus
supplémentaires annuels d’environ 1,6 milliard $, qui seront entièrement
versés au Fonds des générations.